🔎 Hello, et bienvenue dans notre newsletter du vendredi. L’objectif : vous sélectionner les meilleures histoires sur l’économie de la création qu’on a lues, vues, entendues dans la semaine et qu’on vous conseille pour votre week-end.
👉 Où l’on apprend qu’Apple n’est pas si confiant que ça avant la sortie de son prochain produit révolutionnaire.
🧨 Au programme : 1 992 mots pour 6 minutes de lecture.
Enjoy ! David et Harold.
1. Un dollar sinon rien
Dollar General is the new McDonald's // © Dollar GeneralThe Hustle vient de sortir une longue story comme on les aime. Katherine Laidlaw a enquêté sur les magasins « tout à un dollar » qui pullulent aux USA, notamment pour cause d’inflation mais pas seulement. Aujourd’hui, aux États-Unis, il est presque impossible d'éviter les magasins à un dollar, les chiffres sont impressionnants :
- 249 millions d'Américains vivent aujourd'hui à moins de cinq miles de l'un d'entre eux, ce qui les rend presque aussi courants que les franchises McDonald's.
- 35 000 magasins sont détenus par Dollar General et Dollar Tree, les deux plus grands acteurs du secteur.
- 45 % des ménages gagnant plus de 100 000 dollars sont prêts à faire leurs achats dans des magasins discount, contre 39 % l'année précédente.
Pourquoi on doit s’intéresser à ce phénomène ?
Il existe des magasins ressemblant à ça en Europe, mais pas à une telle échelle. Et il n’y a pas de raison que cette tendance de « l’ultra hard discount » ne cherche pas à s’y imposer aussi. Et ce qui se passe aux États-Unis est très intéressant. Car même s’ils sont devenus incontournables, de nombreuses villes où ils sont implantés en masse, se rebellent contre cette prolifération. Dès 2018, des municipalités du pays ont commencé à prendre des mesures, et cette vague s'est transformée en lame de fond.
Pourquoi c’est inquiétant ?
Même s’ils sont appréciés dans l’opinion publique, ces magasins sont régulièrement accusés de vendre des produits de très faible qualité, voire mauvais pour la santé, de cannibaliser toute concurrence -notamment celle d’autres magasins vendant des aliments plus sains à proximité-, et de ne pas être aux normes de sécurité. Leur modèle économique repose sur des effectifs réduits, avec un seul caissier. Ce qui favorise davantage les vols que les emplois.
Et il se passe quoi en ce moment ?
En réponse à cette croissance explosive, des dizaines de communautés américaines ont décidé de restreindre temporairement ou définitivement les magasins à un dollar, en utilisant des réglementations urbanistiques. En Louisiane, une collectivité a récemment réussi à bloquer un projet devant les tribunaux, un juge ayant décidé que l'approbation du projet porterait atteinte à la santé, à la sécurité et au bien-être de ses habitants.
Et la guerre est aussi sur les réseaux sociaux, comme le raconte l’article : « Pour chaque influenceur TikTok montrant ses courses dans un magasin à un dollar ou partageant son dernier repas #dollarstored, il y a un TikTok dénonçant les chaînes pour leurs magasins mal entretenus et la vente de produits cassés, mauvais ou tout simplement laids. »
2. Apple Vision Pro, c’est du lourd…
Le YouTubeur tech le plus suivi au monde MKBHD lors de son tout dernier test du Apple Vision Pro // © MKBHD
On y est presque… les afficionados des gadgets tech (et surtout les fans inconditionnels d’Apple) sont dans les starting block et n’ont qu’une date en tête : le 2 février. C’est le jour qu’a choisi la firme pour sortir aux États-Unis son dernier product révolutionnaire : l’Apple Vision Pro. Un casque de réalité augmentée format masque de ski. Les créateurs tech et journalites américains ont déjà pu le tester, et voici pourquoi, en 3 arguments, Apple n’est pas si serein.
Le prix : 3 499 dollars.
Même si pour Tim Cook, c’est le minimum pour avoir autant de technologies devant les yeux, on a du mal à imaginer une queue entière devant l’Apple Store d’Opéra prête à mettre un double SMIC dans un outil dont les usages sont encore méconnus et qui n’aura même pas d’appli Netflix, YouTube ou Spotify lors de son lancement. Pour rappel, le premier iPhone était vendu en 2007 au prix de 499 dollars.
Les pré-requis : là aussi, ça se complique.
Pour convaincre des futurs acheteurs, Apple a mis au point une démo de 25 minutes dans ses Apple Store dans laquelle vous pouvez regarder des photos en 3D appelées « spatial photos » ou encore apprendre comment scroller dans le vide avec vos doigts. Pour que tout le monde soit bien sur la même page, Apple a aussi dû former ses propres employés au Vision Pro sous la forme de séminaires à son siège califorien de Cupertino. Des sortes d’envoyés spéciaux d’Apple Store de tout les États américains ont essayé le casque, appris des tutos qu’ils ont ensuite transmis à leurs propres équipes. Bon et je vous passe la logistique pour les futurs clients qui ont des troubles ophtalmologiques. Mais si ça vous intéresse, Bloomberg y a dédié un papier ultra-détaillé. Vous serez incollable sur toutes les étapes à valider avant de pouvoir ressortir d’une boutique avec votre masque Apple (dont la dtae de commercialisation en France reste inconnue).
Enfin, le poids : c’est LA principale crainte.
Et elle est très bien résumée dans ce tweet du YouTubeur tech le plus suivi au monde MKBHD dont on a déjà parlé dans cette newsletter. Il a eu l’opportunité de tester le Vision Pro à trois reprises et à chaque fois il a été, certes, bluffé par la techno mais surtout dérangé par le poids « so heavy » de cette device. Chez The Verge, la journaliste qui a testé l’engin a tenu 30 minutes avant d’être victime d’un début de migraine : « J’avais tellement froncé les sourcils, j’étais tellement concentrée que j’en avais oublié le poids du casque avant que la fin de la démo me ramène à la réalité et que je ressente les premiers symptômes d’un mal de crâne. »
Vous l’avez compris, le Vision Pro ne sera pas forcément la device « game changer » qui remplacera l’iPhone. En tout cas, pas sa première version commercialisée cette année mais évitons de prendre des paris trop osés. Souvenez-vous de ce que disait le boss de Microsoft Steve Ballmer (pas n’importe qui dans le secteur des technologies ) en parlant du premier iPhone : « Il n'y a aucune chance que l'iPhone capte une part importante du marché du mobile, aucune.». Et cette semaine il s’est passé ça. On va rester prudent…
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3. Vermines, film à impact
Rien qu'à l'affiche, on comprend qu'on va flipper très fort // ©Vermines
De «Vermines», le carton ciné du moment. Et c’est autant une bonne surprise pour le cinéma français, qu’une pépite et un ovni. Film à petit budget (4 millions d’euros), sans acteur/actrice de la catégorie « bankable » au casting, une première réalisation. Et film dit de «genre»…
De quoi on parle ?
Vermines a déjà foutu les jetons à 200.000 spectateurs et spectatrices. Pour vous donner une idée de son succès, c’est tout simplement le meilleur démarrage pour un tel film depuis… 24 ans et « Promenons-nous dans les bois… » : 200.000 entrées depuis le 27 décembre 2023. Gros carton chez les moins de 26 ans. Sur le papier, il fallait donc être gonflé pour produire ce film qui raconte l’histoire des habitants d’un immeuble de la banlieue parisienne pris au piège d’araignées et de leurs toiles.
[DISCLAIMER: Ne comptez pas sur moi pour vous dire si ce film est réussi: je déteste avoir peur au ciné. Stanley Kubrick, je ne vous dis pas merci. ] Mais bon, on n’est pas critique ciné et ce n’est pas le sujet.
Pourquoi on en parle alors ?
Parce que, au-delà des chiffres, il y a une histoire intéressante derrière l’histoire. Cette fable ciné sur les quartiers populaires a été coproduite par Impact Film, une toute jeune structure d’investissement très particulière et totalement nouvelle. Elle a inventé le « placement de cause ». Vous connaissez le placement de produit ? La visibilité à l’écran — par exemple des plans d’une voiture, d’une montre se traduit en financement. Le placement de cause, c’est la même chose. Sauf qu’au lieu de placer une voiture, on place une idée, un combat. Et celui d’Impact Film, ce sont des sujets comme le handicap, l’égalité, la parité, la citoyenneté, etc…
Et ça marche ?
La structure, créée notamment par Olivier Saby, un haut-fonctionnaire qu’on n’aurait pas (énarque, magistrat…) forcément vu là en 2019, a déjà co-produit ou co-distribué des films remarqués, comme « Papicha » ou « Youssouf Salem a du succès ». Le fonds espère lever entre 30 et 40 millions d’euros pour faire bouger les imaginaires. Nul doute que le succès de Vermines aidera.
One more thing…
On vous avait dit qu'elles étaient flashyyyy // ©David Carzon
Il y a quatre mois, on vous racontait la saga des chaussures de courses, Hoka. Vous savez, ces baskets très très voyantes qu'on ne peut pas rater sur les courses d’ultra-trail, soit parce qu’il y a de la publicité partout, soit parce qu’on voit forcément celles et ceux qui en portent.
Comme j’aime bien courir régulièrement (mais jamais autant que je le voudrais comme beaucoup d’entre nous) et que j’habite près d’une région de moyenne montagne, le Taunus, je me suis dis que c’était l’occasion de tester la course avec dénivelés positifs, et donc de tester des Hoka.
Je suis allé dans un petit magasin de Francfort, j’ai demandé à avoir un modèle confortable qui protège mes petites articulations fragiles et je suis reparti avec une paire de Mafate Speed 4, dont le coloris me permettrait d’être retrouvé dans une tempête de neige.
Résultat : au bout de plusieurs mois d’utilisation, je comprends ce qu’on dit sur ces chaussures. Je n’ai pas fait d’ultra-trail, j’ai fait des semi-marathons et un peu plus même dans la montagne. Je n’avais jamais fait ça de ma vie… J’en ai bavé, MAIS j’ai kiffé. Et je dois ça en partie à ces chaussures ultra légères et confortables. Il y a eu plusieurs passages où j’étais tellement content de les avoir aux pieds. Notamment un endroit qui s’appelle « Le Mur Blanc », qui comme son nom l’indique presque, est un mur de pierres blanches, très scabreux, très glissant, où il faut faire attention à chaque pas. Et où chaque articulation est soumise à rude épreuve.
Si vous me demandez un défaut, je vous ferai la réponse du candidat à un entretien d’embauche : « perfectionniste ». Ces chaussures de course sont presque trop bien pour quelqu’un qui cherche le plaisir avant la performance. Je m’explique : l’autre matin, comme il neigeait, je suis resté sur du plat. Tranquille… Et bien non, pas tranquille. Parce que mes baskets sont tellement légères, que je suis parti bille en tête et qu’assez vite, je me suis rendu compte que j’étais bien bien au-dessus de mon rythme habituel. Et que j’allais bien bien souffrir pour boucler cette sortie. Ce qu’il s’est passé.
Tout ceci n’a évidemment rien de la review d’un professionnel. Ça m’amusait juste d’aller au bout de la logique d’Hupster et d’essayer de comprendre pourquoi, parfois, on parle d’une marque plus que d’une autre.
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