🔎 Hello et bienvenue dans notre newsletter du vendredi. L’objectif : vous sélectionner les meilleures histoires sur l’économie de la création qu’on a lues, vues, entendues dans la semaine et qu’on vous conseille pour votre week-end.
👉 Où l’on apprend que 200 millions de dollars de recettes pour Disney, c’est un flop.
🧨 Au programme : 1 243 mots pour 3 minutes de lecture.
Enjoy (et bon week-end) ! David et Harold.
1. Start-up : il n’y a rien à cacher
Quand on tape «start-up» sur Getty (pas trouvé mieux) // ©Getty
Les start-up devraient-elles bénéficier d’une protection, ou au moins d’une forme de mansuétude pour qu’aucune information financière sur leur développement ne soit livrée au grand public ? C’est en gros la question posée par Cory Weinberg, journaliste à The Information, dans sa newsletter The Briefing. Spoiler : sa réponse est non et son analyse permet d’aborder les problématiques actuelles de financement.
Pourquoi on en parle ?
Un des animateurs de All-in Podcast, une émission sur la tech, a critiqué deux articles de The Information qui donnaient des informations et des analyses financières inquiétantes sur les modèles économiques de deux entreprises, l’une dans la fintech, l’autre dans l’IA. Argument avancé : ce sont des ragots qui nuisent aux actionnaires et aux employés.
Pourquoi c’est une erreur ?
Cory Weinberg fait une analogie intéressante. Il prend l’exemple du marché des voitures d’occasions où le vendeur a plus d’informations que l’acheteur sur l’état et la qualité réelle de la voiture. Résultat : l’acheteur n’a pas toutes les cartes en main pour évoluer correctement le bien qu’il compte acheter. C’est la même chose pour les start-up. L’indicateur clé mis en avant reste la valorisation, donnée qui reste théorique car basée sur une vision prospective. Ces évaluations sur papier ne nous aident plus à faire la valeur réelle d’une entreprise. Seules les informations financières réelles le permettent. Ce ne sont pas des ragots, dit Cory Weinberg, c’est essentiel sur ce marché.
Pourquoi c’est important ?
Ces informations ne concernent pas les seules personnes qui ont investi ou voudraient le faire. Cela intéresse aussi potentiellement les employés des dites sociétés, les clients potentiels, et les régulateurs qui tentent de comprendre la dynamique de la concurrence. Surtout sur des marchés naissants à très fort potentiel comme l’IA. Enfin, rappelons qu’on a beaucoup vu ces derniers temps, des investissements basés sur la « hypitude » des boîtes plutôt que leur potentiel réel. Et ça, ça fait mal à tout le monde.
2. Bob Iger, retour perdant ?
Garder le sourire, always ! // © Getty
C’est l’histoire d’un CEO qui avait tout réussi et qui commence petit à petit à tout perdre. Bob Iger, l’homme providentiel et boss de Disney est revenu à la direction de l’entreprise fin 2022 après un premier mandat entre 2005 et 2020, sauf que rien ne se passe comme prévu. Dettes, échecs au box-office, entourage critiqué, ce long papier du Wall Street Journal dissèque les raisons d’un retour (pour le moment) perdant. On vous le résume en trois points.
Iger et Eisner, même combat
Quand Bob Iger a pris la première fois les rênes de Disney après le looooong règne de son prédécesseur Michael Eisner, il a récupéré une entreprise à bout de souffle : en manque de créativité, plombée par des stratégies douteuses et une série de flops (qui se rappelle de « La Belle et la Bête 2 » ?). Près de 20 ans plus tard, le scénario se répète. En 2020 quand Iger décide de prendre sa première retraite, il part avec un bilan impressionant : rachats réussis de la 21st Century Fox, Lucasfilm, Marvel ou encore Pixar, lancement du service de streaming Disney + (son petit bébé),… Sa seule erreur ? Ne pas avoir préparer sa succession en laissant le board se débrouiller.
Who comes next ?
En partant, Iger laisse un trou béant que Bob Chapek, son héritier désigné à la va-vite aura du mal à remplir. Cet ancien cadre de la division « parc » de Disney n’a pas la même vision business et prend en plus ses fonctions dans un moment inédit : on est au tout début du Covid. Iger, resté au board malgré sa retraite se rend compte de l’erreur et fronce les sourcils n’hésitant pas à dire que Chapek fait un « terrible job » en tant que CEO. Après deux ans de pertes et fracas, le board perd patience et rappelle donc Iger qui, entre temps, a perdu tous ses lieutenants, à commencer par le premier d’entre eux, son héritier naturel Kevin Mayer « le monsieur streaming » de Disney. Parti chez TikTok avant de créer sa propre boite d’entertainment, Mayer n’est plus le bienvenu à Burbank (siège californien de Disney). Pendant ce temps-là , Iger, qui avait promis de revenir pour fixer les choses pendant seulement deux ans a vu son contrat être prolongé jusqu’en 2026. Il est aujourd’hui seul à la barre, approche les 75 ans sans idée claire sur qui, quoi, ou comment l’avenir de son entreprise se dessinera, et le temps presse…
Les temps ont (déjà ) changé
Les majors d’hier sont devenues les outsiders d’aujourd’hui. Netflix chasse sur les plates-bandes de Mickey (qui enchaine les échecs aux box-office comme son dernier Marvel aux plus de 200 millions de $ de recettes — oui c’est un échec) en affichant des résultats monstrueux (cf notre newsletter de la semaine dernière) avec des coûts et surtout des dettes mois importantes (rien que le rachat de la 21st Century Fox a coûté plus de 70 milliards de dollars). En face, d’autres acteurs aux portefeuilles tout aussi larges n’attendaient plus que ça. Apple par exemple se renforce, ses contenus montent en gamme, devient à nouveau un candidat sérieux à l’Oscar avec sa dernière super production « Killlers of the flower moon » ft Martin Scorses sans oublier ses derniers séries coup de coeur digne du HBO des grandes années (cc Slow Horses <3). De son côté, Wired a déjà tranché. Bref, bon courage Bob.
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3. Les Guerres de Lucas, tu liras
Rien que la couv' donne envie de s'y plonger // ©Demain Editions
Allez, une fois n’est pas coutume, une petite reco culture. Mais «pas que», comme on dit.
De quoi on parle ?
Des Guerres de Lucas, un essai graphique (une BD quoi) qui raconte à la fois l’histoire d’un des plus grands cinéastes de ces 50 dernières décennies et le making-of d’une des plus grandes mythologies du XXI siècle -et au délà — «Star Wars».
Et on apprend quoi ?
Alors bien sûr, si vous avez lu «Le Nouvel Hollywood», le récit tout à fait extraordinaire de la prise de pouvoir des studios par quelques jeunes loups chargés de sex, drugs, and rock’n roll, vous allez être en terrain connu :
«Puis, comme dans toutes les bonnes histoires, la révolution passa par là . À la fin des années 60, la jeunesse dorée se révolta. Les anciens monteurs, assistants ou élèves en cinéma décidèrent de pousser à la porte le vieux système et les éléphants. Et Hollywood se découvrit de véritables artistes : les réalisateurs existaient enfin en tant que créateurs. Ils se constituèrent en société de production, en association de réalisateurs. Ils inventèrent de nouvelles façons de filmer, de raconter des histoires, plus proches de la réalité ... Les nouveaux maîtres du monde s'appelèrent alors Scorsese, Lucas, Coppola, Beatty, Nicholson, Bogdanovitch.»
Mais là , on s’intéresse à ce bon vieux George, héros de sa propre histoire, magnifiquement racontée par Laurent Hopman et mis en image par Renaud Roche… Où on va donc découvrir / redécouvrir comment il a failli y laisser sa santé et son slip, comment les boomers de sa génération n'ont rien vu venir… Et comment, sans sa femme Marcia, on ne serait jamais allé Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine...
Quel rapport avec Hupster ?
C’est le même projet qu’Hupster : vous racontez des sagas, décrypter des légendes, chercher la sauce secrète de nos imaginaires. George Lucas, tel qu’il est raconté ici, tout comme Steven Spielberg qu’on croise aussi, est l’intersection même de tout cela. Avec Les Guerres de Lucas, on voit naître le père des créateurs d’aujourd’hui. Et c’est un des points forts de ce livre : tenir une réflexion sur l'essence même de la création artistique, de la culture populaire, et de l’économie des industries culturelles. Et de montrer que 2024 plonge ses racines en 1979.
UN MOT DE NOTRE COMPTE TIKTOK
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