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👉 Où l’on apprend que Netflix va devenir diffuseur de… catch !
🧨 Au programme : 1 477 mots pour 4 minutes de lecture.
Enjoy ! David et Harold.
1. Netflix, victoire par KO
Netflix, plutôt deux fois qu'une // © Getty
Après avoir dit durant des années qu’il ne s’intéressait pas aux droits sportifs, Netflix vient d’annoncer avoir mis la main sur les programmes de la World Wrestling Entertainment, spécialisée dans l’organisation d’événements autour du catch. Évacuons de suite les esprits chagrins qui estiment qu’il ne s’agit pas d’un sport mais d’un spectacle. Car ce sont bien des sportifs qui le pratiquent (ce ne sont clairement pas des acteurs). Et ceux qui le regardent le vivent comme un sport, c’est le principal.
Cette annonce est vraiment un tournant dans le monde des plateformes VOD et permet à Netflix de consolider sa position de leader. Regardons ça en détails avec l’analyse qu’en a fait Morning Brew.
Pourquoi c’est un tournant ?
L’accord d’un montant de 5 milliards de dollars doit durer dix ans. En plus de tous les programmes de la WWE, il prévoit que l'émission reine, la Monday Night Raw, sera diffusée sur la plateforme aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Canada et en Amérique latine à partir de 2025. Cela signifie qu'elle ne sera pas diffusée sur la télévision linéaire américaine pour la première fois en 31 ans d’histoire. Et Netflix se laisse la possibilité de le diffuser tous les lundis soirs comme un opérateur télé. Et plus seulement comme une plateforme de VOD.
Pourquoi c’est important ?
Par ce deal avec la WWE, Netflix affiche sa volonté d'investir dans de nouveaux contenus à un moment où les autres plateformes de diffusion en continu réduisent leurs activités. Ce premier pas dans les droits sportifs, après des documentaires très remarqués sur la F1, le tennis ou des footballeurs, en annonce d’autres.
Dans le même temps, Netflix a fait comprendre qu’elle n’était pas intéressée par des rapprochements avec d’autres acteurs du secteur, et que toutes les opérations de consolidation en cours ne l’affectent pas. Que des signes montrant qu’elle est hors d’atteinte aujourd’hui.
Pourquoi c’est le moment ?
Parce que Netflix vient d’annoncer des résultats records pour le quatrième trimestre 2023 avec 13,1 millions de nouveaux abonnés, soit la plus forte augmentation jamais enregistrée à cette période de l’année, dépassant les estimations de 8 à 9 millions.
Et parce qu’aussi, la diffusion du sport en streaming n’a jamais eu autant la cote. Le match des séries éliminatoires de la NFL que Peacock a diffusé en janvier a attiré 2,8 millions de nouveaux abonnés, selon Antenna, un service d’analyse. On ne sait pas s’ils resteront après cet essai, mais il s'agit de la plus forte augmentation du nombre d'abonnés jamais observée pour un seul événement.
2. Mister Beast, par ici la moneyyyyy
Il a de quoi sourire // © Getty
Le plus grand YouTubeur du monde a tenté un pari cette semaine en postant une de ses vidéos sur X. En tant que grand admirateur d’Elon Musk, Mister Beast a voulu laisser au milliardaire une chance de prouver ses dires. Car oui, au moment du rachat de Twitter, transformé en X depuis, le fondateur de Space X avait promis que sa plateforme serait la plus rémunératrice pour les créateurs. 3 leçons à tirer d’un test pas si concluant.
Mister Beast n’est pas un créateur
Non, c’est LE créateur donc forcément quand il publie une vidéo, cela fait l’évènement. Le 16 janvier dernier, il dégaine une ancienne de ses vidéos YouTube intitulée : « $1 Car vs $100,000,000 Car!!! » et la poste sur son compte X aux 28 millions d’abonnés (!!!). En quelques heures la vidéo est visionnée 100 millions de fois… Ajoutez-y des teasing sur la quantité d’argent qu’il pense récolter, une promesse à un follower chanceux et vous obtenez ceci : plus de 260 000 dollars en 6 jours.
Spoiler, tout cet argent ne veut rien dire
Car nous l’avons dit, Mister Beast est tellement géant – il vient d’ailleurs d’annoncer cette semaine vouloir aller conquérir le marché chinois avec des vidéos publiée sur la plateforme de vidéos locale Bilibili ou un deal monstrueux en vue avec Amazon Prime – qu’il est quasiment impossible pour n’importe quel créateur de se comparer à lui. Ces plus de 260 000 dollars sur une seule vidéo, c’est du vent, il le reconnaît lui-même dans son post sur X, et ça peut faire mal à la creator economy.
Alors, c’est quoi la « real creative money »
Pour l’instant, notamment sur YouTube qui est la plateforme gratuite la plus rémunératrice sur le web pour les créateurs, pour être tout à fait franc, on n’a pas fait mieux que le placement de produit dans les vidéos. C’est d’ailleurs la principale source de revenus de créateurs normaux qui tournent entre 100 000 et 1 million d’abonnés et qui placent au milieu de leur récit un « ad space » classique. Évidemment, plus l’audience est large, plus la pub rapporte. Ajoutez à cela des tutos professionnels IRL comme peut le faire la chaîne YouTube passionnante « The Editing Podcast » spécialisée sur le montage vidéo et vous obtenez des revenus annuels qui peuvent atteindre les 6 chiffres (et laissez Mister Beats tranquille avec ses millions).
UN MOT DE NOTRE SPONSOR
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3. Semaine dark dark pour la presse américaine
Empty office ? // © Getty
Bon, vous nous direz, ce n’est pas vraiment nouveau. Ça fait 20 ans qu’on rabâche les raisons de la crise: les usages ont bouleversé l’accès à l’information, la concurrence des plateformes, la « subscription fatigue » (qu’on pourrait traduire par « le ras le bol des abonnements»). Mais l’effet sécateur (coûts qui explosent, recettes qui s’effondrent) devient un vortex destructeur. Ça fait 20 ans qu’on le rabâche. Mais pourquoi ça a l’air plus grave ?
De quoi on parle ?
On parle d’abord d’un des grands quotidiens de la côte Ouest, Le Los Angeles Times, 140 ans d’existence. Il n’était pas en super forme. Mais cette fois, il y a un méga plan de licenciement dans les tuyaux, 20% de ses salariés. Malgré l’arrivée d’un milliardaire vu comme le sauveur il y a peu, ce fleuron de la presse US ne parvient toujours pas à s’adapter.
Vous pensiez que les médias de niche pouvaient tirer leur épingle du jeu ?
Demander à Sports Illustrated, le magazine de sports de référence. Il devait fêter son 70e anniversaire cette année mais son histoire ressemble désormais à une longue descente aux enfers qui s’achève dans une coquille vide.
Quant à Pitchfork, un pure player qui avait révolutionné la presse musicale, c’est la berezina. Cette bible de la musique indé va devenir un onglet de GQ, le magazine pour hommes de Condé Nast. Autant dire, un enterrement de seconde classe.
Un chiffre pour mesurer l’ampleur de la crise
Celui du rapport annuel de l'école de journalisme de la Northwestern University, rappelé par Les Echos: «Plus de 130 journaux ont fermé ou été absorbés en 2023 dans le pays, soit 2,5 par semaine (…) En 2022, plus 360 titres américains avaient disparu depuis la crise du Covid-19. Et d'ici la fin 2024, les Etats-Unis devraient avoir perdu un tiers de leurs journaux en un peu moins de vingt ans.»
Des raisons d’espérer ?
En 2024, avec une présidentielle et le retour de Trump, ça devrait donner de l’air non ? Oui, mais non. Le duel annoncé ne passionne personne et même les audiences des gros networks américains sont en PLS.
Sérieux, donnez-nous des raisons d’espérer
C’est vrai, il y en a. De nouveaux médias se créent chaque année, dans toutes les formes possibles et imaginables. On est bien placés pour le savoir. Les IA vont donner des opportunités nouvelles à ceux qui vont savoir s’en saisir.
Mais, il y a toujours un mais.
S’il faut lire un article cette semaine
C’est celui du très célèbre journaliste américain, Ezra Klein, signature du New York Times et créateur de médias novateurs. On vous met évidemment le lien pour le lire en entier, mais en résumé, ça donne ça: « Vous pouvez prospérer en étant très petit ou vraiment très grand, mais il sera extrêmement difficile de survivre même entre ces deux pôles. C’est un désastre pour le journalisme – et pour les lecteurs.» .
Size matters.
UN MOT DE NOTRE COMPTE TIKTOK
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