🔎 Hello, on vous emmène cette semaine dans les coulisses de la production de la nouvelle Renault 5 qui arrive en septembre.
🗺 Où l’on apprend que le designer de la voiture s’est aussi inspiré du créateur de Waze.
🧨 Au programme : 1429 mots pour 7 minutes de lecture.
Enjoy ! David.
Dans quelques semaines, Renault va lancer sa nouvelle Renault 5 en septembre. Pas une R5 vintage mais une néo-R5, la différence a son importance. Entièrement électrique, elle doit incarner la voiture qui nous permettra de tourner la page des véhicules thermiques.
Comme on s’était intéressé il y a peu au marketing de la nostalgie, on s’est demandé comment on s’empare d’un objet populaire qui a laissé des souvenirs dans notre inconscient collectif de consommateur pour la faire entrer dans une ère moderne, où la voiture n’est pas forcément bien vue.
Et celui qui fait ça chez Renault, c’est Gilles Vidal, le directeur du design. Cet homme passionné d’architecture, de photographie et de peinture a pour signature de penser un design qui marie émotion et technologie. On a voulu lui demander en détails comment tout cela c’était passé. Et il a joué le jeu.
« T'as de beaux yeux tu sais...» // @Renault
Le moment où on a décidé de s’attaquer à un mythe
Pour beaucoup d’entre nous, la Renault 5 est un véhicule qu'on a connu quand on était jeune, dans lequel nos parents nous ont emmenés, sur lequel on a peut-être appris à conduire… Elle possède une charge émotionnelle très forte mais elle était aussi un objet socialement très important pour l’époque. Nous sommes alors en 1972, c'est la crise pétrolière et la société a besoin d’un véhicule abordable, simple, et qui a du style. Pour moi, elle est pop dans tous les sens du terme. Pop parce qu’elle existe en vert, en orange avec des intérieurs en sky complètement orange. Et pop parce qu’elle est populaire.
Alors quand on réfléchit à une voiture d’aujourd’hui, on se demande comment faire pour qu’elle réponde à nos besoins actuels. Comme la R5 l’a fait en son temps. J’ai eu une grande discussion avec Uri Levine, l’inventeur, entre autres, de Waze. Il n’est spécialiste de rien et il veut juste trouver des solutions aux frustrations du quotidien. Il n'y a pas de démarche plus noble pour moi. C’est ce que les gens attendent de nous. Et c’est ce qu’on a voulu faire en s’attaquant à la Renault 5, dans une période de crise, de stress sur le coût de la vie, sur le coût de l’essence… Il ne s’agit pas de faire juste une voiture de plus pour renouveler la gamme. Non, il s’agit de réfléchir à donner une réponse pertinente aux questions du moment.
Quels que soient les plans officiels de l'entreprise, une partie de la mission du design, c'est de défricher, de proposer des alternatives, de manière un peu plus pulsionnelle et intuitive, là où nos collègues qui font de la stratégie produit sont un peu plus dans l'analytique et le rationnel. Ce projet est né comme ça, avec cette intuition de l’équipe que c’était le bon projet, au bon moment.
Pour la petite histoire, quand Luca di Meo a pris la tête de Renault en 2020, il a fait le tour des services. Lorsqu’il a visité les équipes de design pour voir les projets en cours, il est tombé sur celui d’une néo Renault 5 et il a décidé sur le champ de démarrer officiellement ce chantier.
Le moment où on s’est lancé
S'attaquer au design d'une voiture from scratch est presque plus facile. On est face à une page blanche, il faut proposer dans tous les sens, il faut prendre des risques.
Quand on fait l’exercice de partir d’une voiture mythique, c'est plus compliqué. Il est très difficile de respecter l’objet d’origine, de le rendre reconnaissable tout en le modernisant. On ne peut pas juste faire du vintage, il faut que ce soit moderne. Pour les designers, mais aussi pour les ingénieurs, c’est une équation, une alchimie très complexe.
La Renault 5 dans notre imaginaire c'est une silhouette et des détails qu’on reconnaît au premier coup d’œil : un pare-brise vertical, un toit un peu flottant, un intérieur incliné, des phares malicieux, la gouttière sur le toit… Mais nous ne nous sommes pas seulement inspirés de la R5. Nous avons aussi convoqué la Super 5 et la Renault 5 Turbo qui sont elles-aussi très reconnaissables.
Ensuite, nous avons essayé d’ajouter de la modernité, des choses d’aujourd’hui, des roues de plus grand diamètre, très à fleur de la carrosserie pour donner une assise très moderne, des feux arrière plus allongés en hauteur, comme pour la Super 5…
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Le moment où on a trouvé le détail qui change tout
La Renault 5 avait une grille sur le capot, une petit grille noire un peu sur le côté. C’est devenu une signature graphique. Aujourd'hui on n'a pas besoin de grille, on n'a pas besoin de refroidir le capot d'une voiture électrique. Mais cet élément nous intéressait graphiquement, et donc on en a fait autre chose. On a fait un écran d’affichage du niveau de recharge de la batterie, sous la forme d'un 5, qui est divisé en 5 segments qui représentent chacun 20% de charge de batterie. Le fait que la voiture s'exprime par elle-même sur son état de charge de batterie, ça la rend encore plus vivante.
Détail chic, effet choc // @Renault
C’est le genre d’éléments, qui en termes de connexion émotionnelle entre l'objet et soi, sont très intéressants. C'est utile mais c'est surtout un plaisir à l'usage. Dans l'époque où on est, on ne peut pas juste faire du design fonctionnel. C’est ce qu’a fait Apple avec ses smartphones, il y a des fonctions dont on a l’impression qu’elles ne servent à rien mais qui donnent du plaisir à l’usage et que tout le monde copie après. Nous, dans notre univers, on essaie d'activer des choses comme ça. Et ça sert aussi à rendre la voiture attractive à celles et ceux qui ne l’ont pas connue.
Mais attention, une innovation, ce n'est pas forcément une fonction nouvelle de la voiture, comme la conduite autonome. Une innovation, ça amène quelque chose de très haut de gamme dans le feeling. Et toutes les innovations, elles sont au service d'une expérience extraordinaire, différente de ce qu’on trouve ailleurs.
Il y a une innovation que les gens ne percevront pas directement, c'est d’avoir réussi à faire une voiture qui a ces proportions-là , avec des matériaux, une autonomie, une habitabilité, une richesse, des contenus supérieurs aux voitures du même segment.
Le moment où on a changé le mode de production
Nous sommes en train de passer dans l'ère de l’électrique. Mais les voitures électriques restent plus chères que leurs équivalents thermiques. Notre mission en tant qu’entreprise, c'est de rendre la mobilité électrique fun et abordable. En plus, on se met le défi supplémentaire de fabriquer ça en France, et dans des circuits de production plus courts.
Dans les grandes entreprises comme les nôtres, un projet comme ça active des milliers de personnes. Sans compter d'autres milliers parmi nos sous-traitants. Vous imaginez la complexité tentaculaire de ce que représente la production d’une voiture ? Ça nécessite déjà d’optimiser la communication entre nous et les sous-traitants. Si on ne fait pas attention, ça peut devenir un gaspillage énorme.
Ready to roll // @Renault
Il faut avoir les idées claires très tôt. Pour la néo Renault 5, le projet a été verrouillé rapidement, c’est un gain de temps extraordinaire. Et puis, il y a un autre phénomène : le projet était tellement excitant, tellement motivant que tout le monde était à fond.
Concernant l'intention de fabriquer en France, de moderniser et faire passer à la vitesse supérieure toutes nos usines du Nord de la France, de rendre ça viable, il n'y a pas de raison de faire en sorte que notre démarche environnementale soit poussée jusqu'à l'écosystème de nos sous-traitants. Et désormais 80% d’entre eux sont installés à moins de 300 km de l’usine. Ces évolutions ne sont pas visibles pour les clients mais on ne peut plus être une entreprise qui assure faire des efforts et continuer de faire voyager des pièces de voiture sur la moitié du globe, dans tous les sens.
Le moment qu’on attend maintenant
Il y a beaucoup de moments très forts dans ce projet, quand on découvre la voiture à ses différentes phases notamment. Par exemple, quand on fait une maquette complète. Ou quand on voit les premières pré-séries. Quand on la voit évoluer au milieu des autres voitures. Et même parfois, on la redécouvre parce qu’on était passé à autre projet.
Et maintenant, ce qu’on espère, c’est qu’elle déclenche quelque chose de fort. On sent que c’est bien parti car nous avons déjà beaucoup de retours. Si demain, les clients ont un coup de foudre instantané, ce serait le plus beau cadeau pour la voiture. Et pour nous.
UN MOT DE NOTRE CHAÃŽNE YOUTUBE
Nous avons eu le grand privilège de pouvoir discuter pendant une demi-heure avec la légende de l’ultra-trail Kilian Jornet. Il était de passage à Paris fin mai pour la projection de son documentaire « Into the (un)known ». Bon évidemment on lui a posé quelques questions sur ses exploits les plus fous mais on a surtout parler de sa deuxième vie d’entrepreneur et de sa marque d’équipements sportifs NNormal. Il nous raconte la genèse du projet et les engagements écologiques qu’il y a derrière. Passionnant.
C’est à retrouver sur la chaîne YouTube d’Hupster. Pour s’abonner, c’est ici.
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