Kessel

👀 IMAX, le cinéma qui ne craint pas Netflix

👉 Pour séduire des investisseurs, il faut parfois scénariser la réalité...

Hupster
3 min â‹… 28/02/2024

🔎 Hello, on vous raconte cette semaine l’histoire des écrans géants de haute résolution qui font de la résistance à Netflix : l’IMAX.

👉 Où l’on apprend que tout a commencé comme un film d’arnaque.

🧨 Au programme : 1 233 mots pour 3 minutes de lecture.

Enjoy ! David.


En cette « Awards Season » pour le cinéma, on parle beaucoup des mêmes films qui ont tous marqué l’année 2023, Oppenheimer, Anatomie d’une chute, La Zone d’Intérêt, Bernstein.

Mais on oublie un autre vainqueur du moment. Et pas n’importe lequel, puisque c’est celui qui permet à l’industrie cinématographique de garder un atout majeur contre la plateformisation de l’entertainment : l’IMAX. Oppenheimer, tourné entièrement en IMAX et en numérique, a permis à lui seul à la marque aux écrans géants de haute définition - deux à quatre fois plus grand qu’un écran classique - de réaliser la deuxième meilleure année de son histoire.

Forte de ce succès, elle peut ainsi continuer à construire ses salles un peu partout dans le monde et convaincre de plus en plus de studios et de réalisateurs de profiter de sa technologie avec ses deux arguments massue : 

  • « On propose des expériences uniques (traduction : ce n’est pas reproductible sur Netflix) » 

  • « On augmente le prix du billet »

Le plus incroyable dans tout ça, c’est que tout a commencé comme le scénario d’un film. Et pas n’importe lequel : un film d’arnaque. On vous raconte ça en trois actes.

Acte 1 : des débuts improvisés et un peu « border »

L’IMAX est à ses débuts une aventure purement technologique. Au début, il y a deux réalisateurs qui travaillent de manière parallèle sur des systèmes synchronisant plusieurs projecteurs pour améliorer l’image et le support cinématographique. Avec l’idée de présenter cette avancée durant l'Exposition internationale de 1967 à Montréal.

Le défi technique est tel que les deux hommes décident de s’associer pour monter une société commune. Elle s’appellera IMAX pour Image MAXimum. Maintenant qu’il y a les cerveaux, il faut de l’argent. Le projet, c’est de présenter un film entièrement IMAX à la prochaine Exposition International de 1970. Le film en question s’appelle Tiger Child, il dure 17 minutes et il s’agit d’un carnet de voyages filmé dans le monde entier.

Chez IMAX, on est en contact avec la Fuji Bank pour aider au financement de ce film qui doit absolument marquer l’Expo 70 qui se passe au Japon. Des représentants de la banque décident de venir sur place pour décider s’il s’agit d’un bon investissement. Et c’est là que tout prend des allures d’un film d’arnaque à la Guy Ritchie.

Une des premières caméras IMAX, old school // © WikipediaUne des premières caméras IMAX, old school // © Wikipedia

Rien n’est vraiment structuré chez IMAX, on construit, on invente, on bricole. Mais ça ne fait pas très sérieux. Alors il faut paraître plus beau qu’on ne l’est vraiment.

Les patrons d’IMAX louent donc des bureaux et des studios de cinéma pour l’occasion et en font un décor à l’image d’une start-up florissante.

Il faut imaginer la délégation japonaise trimballée à New York et à Montréal dans des infrastructures aménagées de toutes pièces juste pour faire bonne impression, et remplies d’employés studieux. Mais ça marche, Fuji Bank est impressionnée et décide d’investir. Changeant à jamais le destin d’IMAX.

Acte 2 : des défis technologiques mais pas que…

Il leur faudra encore du temps pour devenir le succès que l’on connaît. Du temps et des bonnes idées comme celle de s’installer dans un nouveau parc d’attractions dans l’Ontario au Canada en 1971. Le premier cinéma permanent d'IMAX et un modèle pour tous leurs futurs cinémas.

Toute la difficulté sera d’améliorer la beauté de l’image, tout en rendant la technologie permettant cela de plus en plus accessible. Rendez-vous compte, IMAX a dû inventer de nouvelles caméras, de nouveaux objectifs, de nouveaux éclairages et de nouveaux équipements équipements sonores pour soutenir son écran haut comme six étages. Et même il a fallu revoir l’emplacement des sièges dans les salles de cinéma pour optimiser l’expérience.

L'IMAX ultime, le OmniIMAX, un écran qui s'étend sur 180° // © GettyL'IMAX ultime, le OmniIMAX, un écran qui s'étend sur 180° // © Getty

Durant des années, tous les films IMAX seront fabriqués spécialement, à un coût supérieur à celui d'un film standard. Alors même si tous les cinémas et les dômes dédiés font le plein, il manque toujours quelque chose pour sortir de la niche et devenir grand public. En gros, le risque est de rester une attraction type Futuroscope, et pas d’être une expérience de cinéma à part entière.

Au début des années 2000, il va se passer un double tournant :

  • Disney donne aux cinémas IMAX son Fantasia 2000, le premier film d'animation réalisé avec cette technologie

  • Les technologies numériques permettent enfin de remasteriser des films « classiques » pour les projeter sur des écrans IMAX

Mais il fallait qu’IMAX trouve son ambassadeur capable d’exploiter au mieux cette technologie au service de projets grand public. Elle va le trouver sous les traits de Christopher Nolan.


UN MOT DE NOTRE SPONSOR

Sherpai, le guide IA pour atteindre les sommets des réseaux sociaux. Toutes vos données issues des réseaux sociaux au même endroit. L’intelligence artificielle pour les interpréter.


Acte 3 : le tournant artistique

« S’il y en a un qui a transformé cette image un peu rébarbative, c’est bien Nolan », peut-on lire dans un article du Daily Telegraph. « Il a mis cette technologie au service de l’histoire, en ne faisant pas primer le style sur le contenu. »

Introducing le GOAT de l'IMAX : Christopher Nolan // © GettyIntroducing le GOAT de l'IMAX : Christopher Nolan // © Getty

Le réalisateur britannico-américain a d’abord utilisé les caméras IMAX pour filmer certaines séquences de sa trilogie Batman. Puis ses films suivants comme Dunkerque ou Tenet ont été tournés entièrement à l'aide d'appareils IMAX équipés de pellicules 70mm. Et pour Oppenheimer, il a même fallu inventer des caméras capables de tourner en noir et blanc avec cette techno. Et il n’utilise plus que ça, au point d’en faire une consommation excessive.

Christopher Nolan est ainsi devenu celui qui incarne cette nouvelle manière de faire du cinéma, alliant proposition artistique et grand spectacle. Pour lui, l’IMAX permet d’offrir au spectateur davantage que le visage d’une personne en train de parler. Résultat : Oppenheimer, ce biopic de trois heures sur le père de la bombe atomique, est devenu le quatrième film IMAX le plus rentable de tous les temps. Pas mal quand on sait en plus que c’est la franchise Marvel qui truste les premières places. Aux États-Unis, des fans ont préféré faire des centaines, voire des milliers de kilomètres, pour voir le film dans la meilleure qualité possible.

Et Nolan fait des émules. Pour 2024, parmi la centaine de films qu’il diffusera, IMAX compte beaucoup sur le Dune 2 de Denis Villeneuve tourné lui-aussi entièrement grâce à cette technologie. Le réalisateur canadien a d’ailleurs un avis tranché sur cette question :  « L’avenir du cinéma, c'est l'IMAX et les grands formats. Le public veut voir quelque chose qu'il ne peut pas avoir chez lui, qu'il ne peut pas avoir en streaming. Il veut vivre un événement. »


UN MOT DE NOTRE CHAÃŽNE YOUTUBE

Nous avons publié une nouvelle vidéo sur notre chaine YouTube. On y teste un nouveau format sur les grands disparus de la tech : ceux qui avaient tout et qui ne sont aujourd’hui (presque) plus rien. Premier épisode sur Nokia, le Finlandais qui avait la capacité d’écraser de sa domination le marché du smartphone. Enfin, ça c’était avant l’arrivée d’un certain iPhone bien entendu (n’hésitez pas à vous abonner à la chaîne et à cliquer sur la cloche pour ne pas louper nos prochaines vidéos si ça vous a plu).

...

Hupster

Les derniers articles publiés

👋 Les pays du Golfe, Etats algorithmiques

par   ⋅  29/11/2025 3 min

👉 Pendant que l'Europe peine à suivre les États-Unis et la Chine dans la course à l'IA, le Golfe vise le podium mondial.

🚨 ChatGPT et les nouveaux « personal shopper »

par   ⋅  27/11/2025 2 min

🧠 Sont-ils aussi bons que TikTok ?

Oracle, le demi-dieu de nos vies numériques

par   ⋅  26/11/2025 5 min

👉 Larry Ellison, ou la saga d'un milliardaire qui s'assume mais à qui il manquera toujours quelque chose

📈 La théorie des 2%

par   ⋅  25/11/2025 3 min

📉 Si on écoute les patrons parler IA, ça sent l'emballement.

👋 Sauvons le futur

par   ⋅  21/11/2025 1 min

👉 La première édition du Futur festival, organisé par Usbek&Rica, c'est vendredi et samedi prochain. On vous le prédit: vous n'aurez rien de mieux à faire que réfléchir à demain la semaine prochaine.

🚨 Tiens, il y a des YouTubeurs à la télé...

par   ⋅  20/11/2025 2 min

🧠 Deux des plus importants créateur et créatrice français sont venus défendre leurs livres dans les médias mainstream cette semaine. Mais pourquoi faire? Prendre une revanche bien mérité ? Chercher une position statutaire? Vendre des livres ?

Guillaume Pley, le Drucker trash de YouTube

par   ⋅  19/11/2025 4 min

👉 Legend cartonne. La vraie question : pourquoi nous aimons tant ça ?

🎼 L'IA peut tout imiter, sauf... Rosalía

par   ⋅  18/11/2025 3 min

👉 Où l'on comprend que c'est «l'intention» qui différencie l'humanité de la machine. Ce petit supplément d'âme est-il rassurant ?

🚨 Alerte rouge au docteur «Bullshit»

par   ⋅  13/11/2025 2 min

🧠 Des chatbots infectent les revues scientifiques.

Spotify, la playlist de ses 20 ans de clashes

par   ⋅  12/11/2025 5 min

👉 Tout le monde connait l'histoire de Spotify. En mode saga, on vous propose pour changer de faire le « Wrapped 2006-2025 » de ses emmerdes. Dernière en date: l'humain.