🔎 Hello et bienvenue dans notre newsletter du vendredi. L’objectif : vous sélectionner les meilleures histoires sur l’économie de la création qu’on a lues, vues, entendues dans la semaine et qu’on vous conseille pour votre week-end.
🧐 Où l’on apprend que même chez Google, il y a des espions chinois.
🧨 Au programme de ce numéro : 1 691 mots pour 6 minutes de lecture.
Enjoy (et bon week-end) ! David, Johan et Harold.
1. Kara Swisher : «Zuckerberg, Musk et moi»
repéré par David
Elle a pourtant l'air sympa comme ça // © Vanity Fair
Kara Swisher est une légende. Trente ans qu’elle arpente tous les recoins de la Silicon Valley et qu’elle pose un regard lucide sur les grandes entreprises technologiques et leurs patrons. Elle raconte tout ça dans un livre, Burn Book, où elle dresse à sa manière le portrait des leaders de la tech qu’elle a observés de près, Bill Gates, Steve Jobs, Mark Zuckerberg, Jeff Bezos, Elon Musk, Sergey Brin et Larry Page… Elle est revenue sur tout ça avec The Guardian, et nous, on vous le résume en 3 points.
Sa croyance en la technologie
Durant toute sa carrière, elle a pu voir ce que la technologie pouvait apporter à l’humanité. Sauf que dans l’équation, il y a ceux qui en tirent parti et profits : «Le problème n’est pas la technologie. Ce sont des gens.» Toutefois, elle garde la foi dans le potentiel libérateur et l’amélioration de la connaissance par la technologie, notamment grâce à l’IA. Elle cite des médecins qui estiment que cela pourrait changer la lutte contre le cancer ou des spécialistes du changement climatique pour qui c’est un outil capable d’apporter des solutions.
Mark Zuckerberg et les autres
Kara Swisher n’est pas tendre avec certains patrons de la tech. Elle considère Zuckerberg comme dépassé dans son rôle de leader technologique, suggérant qu'il ne comprend pas pleinement les conséquences de ses actions. Elle avoue avoir eu foi en Elon Musk mais qu’il est désormais submergé par un besoin compulsif d'être admiré, un désir constant de reconnaissance et d’approbation.
Le jour où ils ont tous trahi la cause
Mais ce qu’elle ne pardonne à aucun d’entre eux, c’est de s’être vendus au nouveau président élu au 25ème étage de la Trump Tower, à New York en décembre 2016. Ils n’aimaient pas Trump, ils savaient qu’il était nul mais ils voulaient plus d’argent, moins de réglementation… Alors ils n’ont rien dit. Elle n’oublie pas.
2. Red Bull donne vraiment des ailes
repéré par Harold
Max Verstappen dans ses œuvres sur la piste de Djeddah, en Arabie saoudite // © Getty
Taureaux rouges sur fond jaune, vous avez forcément croisé au moins une fois dans votre vie le logo de cette marque iconique : Red Bull. Mais savez-vous comment Red Bull est devenue LA marque du marketing, que vient faire la Thaïlande dans tout ça et déjà pourquoi « Red Bull » ? Tout ça et bien plus, c’est expliqué dans cette looongue enquête (pour abonnés) du Wall Street Journal qu’on vous résume en trois points.
Un visionnaire aux commandes
Comment ne pas parler de Red Bull sans évoquer Dietrich Mateschitz, l’autrichien génie du marketing par qui la comète Red Bull est arrivée. Le tout grâce à un voyage en Thaïlande en 1982 quand Mateschitz goûte une boisson qui lui fait l’effet d’un « triple expresso ». Il emporte la recette avec lui - celle d’un pharmacien thaïlandais -, embauche son distributeur local et fonde une entreprise de boisson. La boisson originale, le « Krating Daeng » ( « Red Water Buffalo » en anglais) deviendra… Red Bull.
Le marketing comme seule recette
Très vite, Dietrich Mateschitz veut se différencier. Il sait que pour faire face à des géants comme Coca ou Pepsi, il faut imaginer quelque chose de nouveau. Son dada à lui, ça sera les sports extrêms. Red Bull sponsorise tout : l’escalade, les plongeons, le BMX avant de faire une entrée tonitruante en 2005 en Formule 1 bien sûr. Les premières années, les résultats sportifs ne suivent pas - la F1, c’est un sport d’endurance avec des structures et des budgets colossaux - mais Red Bull se fait remarquer grâce à ses coups de com’. En 2005 à Monaco, ses mécanos sont tous devenus le temps d’un weekend des Stormtroopers pour la sortie du dernier Star Wars. Dans le paddock, on ne parle plus d’Alonso ou de Schumacher mais que de Red Bull.
Voler jusqu’où ?
La victoire en F1 est venue plus tard grâce à une recette bien huilée dans la discipline : l’argent. Avec son marketing agressif et ses « coups », Red Bull a pu s’offrir les meilleurs ingénieurs, les meilleurs pilotes (Vettel et Verstappen pour ne citer qu’eux) et aussi les meilleurs directeurs d’équipe (Christian Horner). Sauf qu’aujourd’hui après 7 titres mondiaux, la mort du fondateur Mateschitz en 2022 et les accusations de comportement inappropriés d’un boss - Horner pour ne pas le citer - avec une employée, le disque de la victoire semble commencer à se rayer. Comment les taureaux ailés vont-ils réagir ? Vont-ils, une nouvelle fois, s’en sortir par le haut ?
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3. Faut-il craindre le «Document 79» ?
repéré par Johan
Belle salle pour un congrès // © Getty
La première fois que j'ai croisé cette référence énigmatique, c'était au détour d'un article du Japan News. Comment suis-je arrivé là ? Et comment il est resté un peu planqué dans un coin de mon cerveau ? Pas de commentaires. À force de se perdre dans les méandres d’Internet, des fake news et des pièges les plus obscurs du clickbait, on finit par développer un certain cynisme à l'égard de ce genre d'histoires. Pourtant, cette fois-ci, c'est une enquête du très respecté Wall Street Journal qui m'a rappelé son existence.
Ce «Document 79», ce mémo ultra-secret du gouvernement chinois, est bel et bien réel, et il dessine un plan sérieux qui mérite une attention toute particulière. L'idée est tout simplement d'évincer les technologies américaines des secteurs stratégiques de la Chine.
Pourquoi «Document 79» ?
Rien que le nom pourrait inspirer une scène d’un action movie un peu raté. Le «Doc 79» a longtemps été tellement confidentiel que personne ne pouvait en obtenir de copies. Seuls quelques privilégiés avaient accès à un résumé, circulant discrètement au sein d'un cercle restreint de hauts dirigeants d'entreprises d'État, notamment dans les secteurs de la tech, de la finance et de l'énergie.
Que contient précisément ce document ?
Il s'agit ni plus ni moins d'un objectif politique global visant à éliminer les logiciels étrangers des systèmes informatiques chinois d'ici 2027, avec des stratégies bien définies. Ce document aurait été présenté en 2022, au moment où les autorités américaines envisageaient d'interdire à la Chine l'accès à des équipements informatiques de pointe, exprimant ainsi une quête de souveraineté technologique.
Est-ce que ça fonctionne ?
Disons que Xi peut être persuasif. Mais rien n'est jamais simple, même dans une dictature. Alors que Microsoft et Oracle sont les principales cibles de cette politique, avec une réduction drastique de leur part de marché à prévoir, les entreprises chinoises sont parfois guidées par la rationalité, avec des objectifs divergents de ceux de l'État chinois. Idem chez les consommateurs, qui ne suivent pas toujours la même voie que la propagande du PCC. Apple domine les ventes de smartphones haut de gamme, et Intel et AMD sont toujours prisés pour leurs puces...
Pourtant, les outils locaux gagnent en performance et les Huawei, Xiaomi et consorts n’ont plus grand chose à envier aux technos US. Je peux parier que l'arbitrage penchera rapidement en défaveur des logiciels américains.
Si le «Document 79» a un message à délivrer aux entreprises technologiques occidentales, c'est que l'âge d'or de la consommation de leurs produits semble bien révolu.
One more thing
Un ancien ingénieur de Google, Linwei Ding, vient d’être inculpé pour avoir volé des secrets d'IA de l'entreprise américaine au profit de sociétés chinoises. Il aurait transféré des informations confidentielles sur les supercalculateurs de Google et le machine learning sur son compte Google Cloud avant de travailler secrètement pour des start-ups en Chine. Chaque chef d'accusation de vol de secrets commerciaux peut entraîner jusqu'à 10 ans de prison.
UN MOT DE NOTRE CHAINE YOUTUBE
Nous avons publié une nouvelle vidéo sur notre chaine YouTube. Séquence nostalgie puisqu’on y parle de la marque de téléphones préférée des businessman qui a déserté les stores depuis bien longtemps : BlackBerry. Et vous êtes déjà plus de 40 000 à l’avoir vue, donc déjà 40 000 merci (si vous ne l’avez pas vue, elle est dispo ici). Et surtout, si ça vous plait, abonnez-vous à notre chaine, ça nous aide beaucoup.
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