âïž Hello, vous vous souvenez de cette blague : et si on tapait Google dans Google, est-ce quâon casse Internet ? Du coup, je me suis demandĂ© ce que ça fait de taper WikipĂ©dia dans WikipĂ©dia. Et bien en fait, on tombe sur une page au carrefour de tous les enjeux liĂ©s Ă cette encyclopĂ©die collaborative, libre et gratuite.
On sent que les contributeurs ont pris soin Ă nâomettre aucun dĂ©tail, y compris les polĂ©miques, mais câest chiant Ă lire (pardon AurĂ©lien Bellanger), il y a des diffĂ©rences notables entre les langues. Mais surtout il manque certains enjeux actuels, comme la menace de lâIA sur cette institution du web.
TrĂšs modestement, en qualitĂ© de contributeur Ă Hupster, je vais essayer de vous raconter lâhistoire de lâencyclopĂ©die universelle en ligne en la mettant en perspective. Et de vous expliquer tout ce qui se passe aujourdâhui.
đ§š Au programme : 1 684 mots pour 8â27 de lecture. Enjoy ! David.
Janvier 2001 : un side project
En fait, tout ne commence pas par Wikipédia. Remontons dans le temps pour bien comprendre. Nous sommes en 2000, et faisons connaissance avec les principaux principaux de cette histoire.
A ma droite, Jimmy Wales, ex-financier reconverti en pionnier du web. Lâhomme a créé Bomis, un portail dâinformations sur la ville de Chicago qui a dĂ©rivĂ© en un moteur de recherches destinĂ© Ă combler certaines obsessions masculines. A ma gauche, Larry Sanger, philosophe et informaticien.
Les deux hommes ont une envie : crĂ©er un monde oĂč chaque personne sur la planĂšte aurait librement accĂšs Ă la somme des connaissances humaines. Pour cela, Jimmy Wales a lâargent de Bomis. Alors, ils lancent WikiâŠ, ah non pas encore. Alors, ils lancent NupĂ©dia, une encyclopĂ©die en ligne trĂšs sĂ©rieuse. Et pour quâelle soit trĂšs sĂ©rieuse, il faut quâelle soit trĂšs vĂ©rifiĂ©e. Puisque tout ce qui vient dâInternet est suspicieux, Jimmy et Larry veulent donner Ă leur projet un acadĂ©misme supĂ©rieur Ă tous les autres. Pour chaque entrĂ©e possible, ils mettent en place un systĂšme Ă 7 vĂ©rifications par des scientifiques. RĂ©sultat : tout prend des plombes. Et en un an, il y a seulement 24 articles.
Jimmy Wales est frustrĂ©, ce nâest pas du tout ce qu'il imaginait. Et puis, les deux hommes entendent parler du travail collaboratif en open-source. Si on partage du code, pourquoi on ne partagerait pas du savoir, de la culture⊠Pour cela, ils ont un nouvel outil idĂ©al, un wiki. Et cela leur donne lâidĂ©e dâune encyclopĂ©die que tout le monde pourrait Ă©diter, gratuitement, sans publicitĂ©, sans abonnement, sans contrĂŽle Ă©ditorial classique.
LâidĂ©e est rĂ©volutionnaire et Jimmy Wales pense quâelle peut Ă©nerver leur communautĂ© scientifique alors plutĂŽt que de faire Ă©voluer NupĂ©dia, ils lancent Wikipedia, un peu dans un coin, comme un site test. OĂč tout est minimaliste, austĂšre. Le monde de la tech sâen moque : pas de business model, pas dâinvestissement, pas dâavenir.
Mais câest le side project qui va rapidement devenir plus populaire et plus productif que son grand-frĂšre. En quelques semaines, des internautes anonymes commencent Ă rĂ©diger, corriger, amĂ©liorer. Une ruche naĂźt. En un mois, 1 000 articles. En un an, 20 000.
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