🔎 Hello et bienvenue dans notre newsletter du vendredi. L’objectif : vous sélectionner les meilleures histoires sur l’économie de la création qu’on a lues, vues, entendues dans la semaine et qu’on vous conseille pour votre week-end.
🧐 Où l’on apprend que YouTube n’a jamais oublié ses racines.
🧨 Au programme de ce numéro : 1 484 mots pour 4 minutes de lecture.
Enjoy (et bon week-end) ! David, Johan et Harold.
1. MrBeast, la fin d’une ère
repéré par Harold
Ça c'est de la bonne thumbnail // © Polygon
Je ne sais pas si vous avez l’habitude de vous balader dans l'éco-système infini des créateurs YouTube américains mais si oui, vous me comprendrez. Depuis plusieurs années, ces contenus se ressemblent. Leur pitch est simple, être celui qui sera le plus sensationnel dans la lignée du plus gros créateur au monde : MrBeast. Et ce modèle commence à s’épuiser (spoiler : c’est une bonne nouvelle) selon ce super article du média américain Polygon que je vous résume en trois points.
YouTube mûrit
YouTube n’est pas une plateforme figée dans le marbre, c’est un éco-système « vivant » nourri chaque jour par des millions de créateurs du monde entier. Alors forcément, quand une recette fonctionne, elle est reproduite. Et celle de MrBeast cartonne tellement qu’elle est partout. Thumbnail, typographie des sous-titres, hook hyper nerveux, moyens financiers délirants : tout est organisé pour les vues. La production de vidéos n’a plus rien d’amateur. La comparaison française la plus évidente est celle de Squeezie.
Personne ne peut se comparer au Créateur
MrBeast est une industrie à lui tout seul. Cet homme ne vit que pour YouTube depuis qu’il a touché une caméra. Il habite dans son propre studio, fait des visios pendant des heures avec des créateurs tous les jours pour améliorer son contenu, réinvestit tout l’argent qu’il gagne dans ses productions, s’accorde comme seule sortie des date avec sa copine et ne fait que BOSSER le reste du temps. Ce « winner who takes it all » est devenu le stratège en chef de ce qui fait de l’audience sur la plateforme. Certains peuvent l’imiter, personne ne peut le dépasser.
Back to basics
Sauf qu’aujourd’hui, le burnout est proche. Trop c’est trop et les vidéos sensationnelles « à la MrBeast » s’épuisent. Dans le sillon de TikTok, les contenus dits « authentiques » reviennent fort. D’abord, dans les shorts (ces vidéos verticales de 59 secondes inspirées directement de la plateforme chinoise) mais aussi dans les vidéos classiques. De plus en plus de créateurs jouent sur la confession, face-cam, sans moyens de prod’ dignes de Netflix et reproduisent le modèle qui a fait les beaux jours des tout débuts de la vidéo sur Internet. Face à ce « retour aux origines » et par crainte de ne plus être dans le bon ton, MrBeast tente aujourd’hui un nouveau pari. Il vient d’annoncer le lancement sur Amazon Prime d’un jeu télévisé testostéroné à la hauteur de ses nouvelles ambitions : 6 heures de contenus, 5 millions de dollars de récompense, 90 personnes embauchées pour la production, un deal à hauteur de 100 millions de dollars. YouTube ne lui suffit plus.
2. Boeing ou le dilemme des lanceurs d’alerte
repéré par David
Quand tu passes chez John Oliver déjà, tu sais que ça va pas fort pour toi // © HBO
Il y a des trajectoires personnelles qui en disent long. Prenez John Barnett. Ce nom ne vous dit probablement rien. Et pourtant, il pourrait être considéré comme un héros. Sa vie pourrait donner lieu à un film du genre Révélations, où un homme ordinaire se bat contre plus grand que lui pour faire éclater un scandale.
En l’occurrence, il luttait pour dénoncer des processus de fabrication de Boeing qui, selon lui, donnent la priorité à la vitesse de production plutôt qu'à la sécurité des usagers. Les récents ennuis de l’avionneur -qui vont coûter très chers- tendent à lui donner raison.
Sauf que la fin est dramatique car John Barnett vient de se suicider juste avant de devoir témoigner. Et selon deux universitaires américains, ce geste reflète la manière dont sont traités les lanceurs d’alerte aujourd’hui. Ils en ont tiré un article éclairant (et un peu déprimant) à lire sur The Conversation. Voici ce que l’on peut en retirer.
Se taire ou être seul ?
Les lanceurs d'alerte doivent affronter des représailles (harcèlement, licenciement, menace de poursuite judiciaire…) de la part de leur employeur après avoir divulgué des informations. Résultat : ils se retrouvent complètement isolés de tous, là où les entreprises font corps.
Devoir ou loyauté ?
Ils font face à un dilemme : choisir entre leur devoir envers le public et leur loyauté envers leur entreprise. Alors que fondamentalement, il s’agit de la même chose. Ce sont les entreprises qui ont instillé cette distinction, histoire de faire peur.
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