âïž Hello, câest Raph ! Du jamais vu dans lâhistoire de Netflix, et du jamais vu dans la classement Billboard. Et un jamais vu qui pourrait bien remodeler la gĂ©opolitique culturelle mondiale. Aujourdâhui, je vous parle de chasseurs de dĂ©mons, et de la Hallyu.
đ§š Au programme : 641 mots pour 3â51 minutes de lecture. Merci ! RaphaĂ«lle.
Le 20 juin dernier, Netflix sort le long-mĂ©trage dâanimation KPop Demon Hunters, dans lequel on suit un girls group de K-pop affronter des dĂ©mons grĂące Ă leur voix.
En 2 mois, «KPop Demon Hunters» a tout simplement conquis le monde entier, avec des chiffres complÚtement fous:
210 millions de vues: il est non seulement le film dâanimation le plus vu de la plateforme mais tout simplement le long-mĂ©trage le plus vu de lâhistoire de Netflix.
3 milliards dâĂ©coutes en ligne, avec 5 de ses 10 chansons dans le top des morceaux les plus Ă©coutĂ©s au monde sur Spotify.
4,5/5 sur Allociné et 91% sur le site américain Rotten Tomatoes
Mais alors, comment expliquer un tel succĂšs ? Dâabord, les fans de Kpop y retrouvent des Ă©lĂ©ments clĂ©s : les hĂ©roĂŻnes qui se baladent prĂšs de la muraille de SĂ©oul, chantent devant des milliers de bĂątons lumineux brandis par les fans â un incontournable des groupes de K-pop â lâusage de termes trĂšs spĂ©cifiquesâŠ
Le doigt dans lâengrenageâŠ
Et pour accompagner le tout, une bande originale pour laquelle Netflix a recrutĂ© lâĂ©lite en la matiĂšre : le groupe de K-pop TWICE, lâartiste Ejae, ou encore Jenna Andrews Ă la production, qui a collaborĂ© Ă plusieurs reprises avec le groupe BTS.
En gros, de la vraie K-pop produite par des artistes identifiĂ©s qui ont créé de lâengouement en ramenant leur fanbase.
Mais les «Demon hunters» ont rĂ©ussi Ă dĂ©border de ce cadre, comme le raconte dans Le Monde le critique culturel Ha Jae-keun. Car si les enfants regardent le film en boucle, les parents aussi deviennent fans, renforçant lâintĂ©rĂȘt pour la culture pop corĂ©enne et renouvelant la cible jusque-lĂ majoritairement composĂ©es d'adolescents et de jeunes femmes.
Et lâengouement se reflĂšte sur les rĂ©seaux sociaux, avec des centaines de challenges de danse et de chant ou encore de cosplays. La presse sud-corĂ©enne est dithyrambique. Dans un Ă©ditorial publiĂ© le 1er aoĂ»t dans The Korea Herald, le film est dĂ©crit comme «une hybridation parfaite de thĂšmes traditionnels corĂ©ens avec un style dâanimation moderne».
Netflix a mĂȘme transformĂ© lâessai avec un week-end spĂ©cial karaokĂ© du film dans plus de 1000 cinĂ©mas Ă guichets fermĂ©s aux Ătats-Unis, au Canada, en Australie, en Nouvelle-ZĂ©lande et au Royaume-Uni.
Ce succĂšs a beau ĂȘtre hors norme, il repose sur une tendance de fond : la âHallyuâ, la vague, en corĂ©en. La Hallyu dĂ©signe la diffusion mondiale de la culture sud-corĂ©enne, qui sâest imposĂ©e dans les annĂ©es 2010, grĂące Ă des groupes de K-pop comme BTS ou BLACKPINK ou Ă la visibilitĂ© offerte par Netflix aux K-dramas.
Alors si vous ne connaissiez pas le terme de Hallyu, vous en connaissiez sans doute lâhistoire, ou ses avatars. Au tournant des annĂ©es 90 et 2000, la CorĂ©e du Sud est encore une jeune dĂ©mocratie. La culture surfe sur le bouillonnement politique. Et dĂšs les annĂ©es 2000, le pays flaire lâopportunitĂ© et injecte des millions dâeuros dans la promotion internationale de son cinĂ©ma, sa mode, ses produits de beautĂ©, sa gastronomie⊠LâĂ©cosystĂšme devient vertueux.Dans les annĂ©es 2020, les hits et les rĂ©compenses sâenchaĂźnent: dans le cinĂ©ma, avec des films comme «Parasite», les sĂ©ries, avec «Squid Game», mais aussi dans la K-beautĂ©, la musique, la littĂ©rature, la mode ou encore la cuisine corĂ©enne. Et ces succĂšs nourrissent cette influence. Vertueux, je vous disâŠ
En deux dĂ©cennies, câest un vĂ©ritable outil de «soft power» qui aura placĂ© la CorĂ©e sur la carte mondiale de la culture. Selon une Ă©tude menĂ©e par Netflix, 61 % des abonnĂ©s français affirment mieux comprendre la culture corĂ©enne via ses sĂ©ries, et 72 % souhaitent dĂ©sormais visiter la CorĂ©e du Sud.
Cette curiositĂ© culturelle nourrit un vĂ©ritable levier touristique, quâon peut mesurer et qui finit par ruisseler sur lâĂ©conomie locale:
en 2023, la Corée du Sud a accueilli 11 millions de touristes, contre 5 millions en 2000.
Entre 2017 et 2021, la Hallyu a généré un impact économique estimé à 30 milliards de dollars.
Plus de 160 000 emplois ont été créés, dont 116 000 dans les biens de consommation (cosmétiques, mode, nourriture) et 44 000 directement dans les contenus culturels.
Et câest lĂ que Demon Hunters semble franchir une nouvelle Ă©tape. Demon Hunter est produit par deux entreprises amĂ©ricaines, Netflix -ce nâest pas sa premiĂšre incursion en CorĂ©e- et Sony Pictures. Hollywood nâest pas la seule Ă investir. La KBeauty a dĂ©jĂ vu arriver les gĂ©ants du luxe comme LVMH. Comme si la culture mondialisĂ©e âet Hollywood, aprĂšs avoir regardĂ© les trains passer, cherchait un nouveau souffle, une nouvelle opportunitĂ© de se rĂ©inventer, ou Ă©viter de passer Ă cĂŽtĂ© du phĂ©nomĂšne. En 2025, la CorĂ©e du Sud Ă©tait au12á” rang du Global Soft Power Index, juste derriĂšre la SuĂšde, les Emirats et lâItalie. Les chasseuses de dĂ©mons feront-elles entrer leur pays dans ce top 10?
UN MOT DE NOTRE SPONSOR
Sherpai, le guide IA pour atteindre les sommets des rĂ©seaux sociaux. Toutes vos donnĂ©es issues des rĂ©seaux sociaux au mĂȘme endroit. Lâintelligence artificielle pour les interprĂ©ter. Pour plus dâinfos, contactez agathe@loopsider.com.
