👀 Pourquoi ça marche Green-Got, la néobanque verte ?

👉 Comment la fintech française attire tous les regards du monde de la finance.

Hupster
6 min ⋅ 22/05/2024

🔎 Hello, je vous présente Maud Caillaux. Maud, voici la communauté Hupster et ses 100.000 abonnés sur les réseaux sociaux. La commu, je vous présente Maud Caillaux, cofondatrice de Green-Got. On va parler ensemble de fintech à la française et de révolutionner la banque et la finance.

💪 Où l’on apprend comment Green-Got a fait mentir un grand ponte de Wall Street.

🧨 Au programme : 1 788 mots pour 6 minutes de lecture. Enjoy ! David.


Green-Got aujourd’hui, c'est environ 40 000 clients, 40 collaborateurs, un peu plus de 600 millions d'euros de transactions, un peu plus de 66 millions d'euros sous gestion, plus de 10 000 tonnes de CO2 évitées ou stockées.

C’est aussi le développement de projets d’énergies renouvelables, d’assainissement de l’eau, de protection des forêts, d’agriculture durable, via

  • le compte courant : à chaque paiement dans un magasin, le commerçant reverse des frais à la banque qui sécurise la transaction. Cette source de revenus importante pour les banques, Green-Got en reverse une partie sous forme de dons à des projets qui protègent l’environnement.

  • via les produits bancaires — un compte épargne ou une assurance-vie, vous investissez dans des projets impliqués la transition écologique et énergétique. Avec une méthodologie hyper rigoureuse, Green-Got sélectionne les projets d’investissement les plus en phase avec leurs convictions mais aussi capables de délivrer du rendement (on est dans la finance, ne l’oublions pas).

Ce n’est encore qu’une goutte d’eau, mais Green-Got qui a levé 5 millions d’euros en 2023, montre qu’une autre voie est possible. Signe des temps, les banques classiques qui les regardaient de haut, suivent désormais de très près leurs activités et leurs résultats.

Cette évolution est aussi liée à l’enthousiasme communicatif de Maud Caillaux, la cofondatrice de Green-Got. Car pour réussir ce projet, il faut y croire et le porter à chaque instant. Pour Huspter, elle revient sur les moments importants qui ont jalonné l’essor de cette fintech.

Même la carte de crédit est en bois, si c'est pas le soucis du détail ça... // @Green-GotMême la carte de crédit est en bois, si c'est pas le soucis du détail ça... // @Green-Got

Le moment où est né Green-Got ?

«Moi, je viens de Dijon en Bourgogne. Une enfance passée dans la nature avec les chênes, les ormes, les tourterelles, les hirondelles… J'ai aussi une maman qui est iranienne, qui a fait la révolution et qui toute mon enfance, nous a transmis ce stress hydrique, cette peur du manque d'eau. Elle n’a cessé de nous dire à quel point on avait de la chance d'être dans un environnement où il y avait de l’eau. Mais je n’avais pas vraiment compris ce que ça signifiait.

C’est venu plus tard, au moment où je commence ma carrière professionnelle : je débute dans le luxe, je finis dans la banque à New York. Et puis un jour, je rentre à Dijon, j’ouvre le robinet et à ce moment-là il n'y a plus d’eau. C'est comme si j'avais été frappée par la foudre. Je me rends compte que le changement climatique est là, chez moi, dans mon cocon familial. J’ai compris qu’il fallait mettre ma force, mon énergie à essayer de tout changer pour que rien ne change.

J'ai commencé à regarder ce qui pouvait avoir le plus d’impact et la seule réponse c’est : l'argent. Beaucoup de banques continuent encore à financer massivement les énergies fossiles. Et tout cet argent, qui ne va pas vers les solutions pour la planète, c'est le nerf de la guerre.»

Le moment où tu t’es lancée ?

«J’ai cherché des associés qui avaient la même vision que moi et j’ai essayé de comprendre le système. C’est un moment toujours très compliqué. C’est là où tu prends tes plus grosses gifles. Il n'y a pas vraiment d'article Wikipédia sur “comment créer ta banque en 27 étapes”.

Donc par quoi est-ce que tu commences ? En cherchant à rencontrer plein de gens qui eux-mêmes te font rencontrer d'autres gens. Parce que l'accès à l'information, il n'est pas en ligne. Il n'est nulle part. Il est détenu par certaines personnes et il faut que tu arrives à les rencontrer. C'est comme un puzzle géant. Petit à petit, tu trouves les bonnes pièces, et le tableau commence à se dessiner. Sauf qu’il ne cesse de changer et il faut s’adapter sans arrêt.

Les personnes qui t'aident le plus au départ, ce sont évidemment tes proches, ta famille. Ne serait-ce que pour te soutenir, te permettre d’avoir un toit, te faire à manger. Ce sont aussi des personnes qui te rappellent qu'elles t'aimeront quoi qu'il arrive, que tu ne seras jamais ridicule à leurs yeux. N’oublions pas qu’un des plus gros freins à l'entrepreunariat, c'est la peur du ridicule, la peur d'être ostracisé, la peur d'être mis de côté. Surtout en France. « Pour qui elle se prend ? Pourquoi est-ce qu'elle pense qu'elle peut réussir ? ». C'est une réflexion qu'on m'a beaucoup faite. Mais pourquoi pas, en fait ? En tout cas, je vais tenter.

J’ai aussi fait face à un milieu qui a envie de te faire penser que tu ne comprendras pas, et que c'est mieux de leur laisser les choses entre les mains, qu'ils sont les mieux placés pour gérer ton argent.»


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Le moment où il a fallu convaincre ?

«Ce projet, ce n’est pas celui de trois personnes, mais de toutes celles qui nous suivent. On a toujours tout construit en public, en toute transparence, en partageant les succès, mais aussi tous les retards, toutes les merdes.

Notre projet au final est assez simple, mais comment trouver les mots pour l’expliquer, pour convaincre de nous suivre ? Comment est-ce que tu fais naître l'émotion ? J’ai parlé comme j'aurais aimé qu'on m'explique, comme j'aurais aimé qu'on me décrive le projet, qu'on m'explique comment marche la finance. Comment j'aurais aimé qu'on me dise qu'on va faire un truc fou ensemble. Et il se trouve que ça a eu un écho chez beaucoup de personnes. Résultat, aujourd’hui, on a un peu plus de 450 000 personnes qui nous suivent tous les jours sur les réseaux pour nos aventures.

Quand nous avons voulu lever des fonds, nous n’avons pas eu envie de passer notre vie à faire des roadshows. Notre métier, c'est de créer un outil qui permette aux gens d'avoir le plus d'impact possible sur leur monde, pas de pitcher à des gens qui ne comprennent pas l'importance du sujet. On a très rapidement choisi de travailler avec Pale Blue Dot, un gros fonds de plusieurs centaines de millions qui a les mêmes objectifs que nous. Ce sont des personnes qui comprennent notre vision.  Ils nous suivaient depuis longtemps. Quand ils nous ont fait une proposition, on a dit oui de suite. On n’a même pas essayé de les challenger

OUi, Green Got a plus d'abonnés que la BNP sur Instagram // @Instagram OUi, Green Got a plus d'abonnés que la BNP sur Instagram // @Instagram

Le moment où tu as douté ?

«Même aujourd’hui, tout est toujours compliqué. La banque est un secteur très réglementé, très régulé et c’est normal. Tout est long. Mais il y a un moment où j’ai douté plus qu’un autre. C’était juste avant que Green-Got ne devienne réel. On avait plus d'un an et demi de retard parce qu'on n’avait pas voulu faire de concessions sur ce qu'on était en train de construire. Et ça a pris du temps de trouver les projets qui avaient un impact réel sur l’environnement. C’était essentiel. Si ce que nous faisions n’avait pas un réel impact sur le monde, alors on aurait fait juste un produit bancaire de plus.

On avait déjà une grosse communauté, mais à force de retarder, je me suis dit qu'il n'y aurait plus personne quand on sortirait. Je me suis trompée. Le jour J, ils étaient tous là. La première minute, ils étaient 2000 à ouvrir un compte bancaire chez nous. Ça a été le moment le plus fort en émotion.»

Le moment où tu as défié l’establishment ?

«À la fin de l’année dernière, je participe à un week-end d’entrepreneurs. Il y a de gros acteurs de la finance, et le grand patron d’une banque américaine. À un moment, il vient me voir, je lui parle de ce qu’on fait à Green-Got et il me dit que personne n’en a rien à foutre, que tout le monde veut investir dans les énergies fossiles et qu’on n’y arrivera pas. Que même 10 millions de dollars à investir, on ne les trouvera pas.

Forcément, ça provoque quelque chose chez moi, l’envie de lui démontrer qu’il se trompe. Et j’ai trouvé que c’était un bon cri de ralliement pour notre communauté de réussir cet objectif et de le faire savoir. De montrer que ce n’est pas une mode, qu’on est en train de se battre pour nos vies et qu’on peut y arriver, et que bon nombre de personnes sont prêtes à renoncer à un ou deux points de rendement si elles peuvent se regarder en face.

J’ai tout raconté sur les réseaux sociaux, j’ai mobilisé tout le monde et on a réussi à atteindre cet objectif en un temps record.»

Si vous préférez la version feuillage à la version boisée, (h)up to you // @Green-GotSi vous préférez la version feuillage à la version boisée, (h)up to you // @Green-Got

Le moment que tu attends ?

«La prochaine étape, c'est l’ouverture de l’assurance-vie à tous nos clients, dès [aujourd’hui] le mercredi 22 mai. Jusqu’à présent, ce n’était disponible que sur liste d’attente. Et à la rentrée prochaine, tout le monde pourra accéder à ce produit, même s'ils n'ont pas de compte chez nous.

C'est un moment très important pour nous, afin de faire en sorte qu'il y ait un maximum d'argent qui soit redirigé vers les entreprises vertes. On est en train d'en développer d’autres produits. Et un jour, nous irons sur l’emprunt immobilier. C’est sur la roadmap très clairement. C'est important pour nous. C'est beaucoup de travail, mais ça va arriver.

Nous avons basculé dans une autre époque. Au début, il y avait beaucoup de moqueries. Aujourd’hui, les autres banques se rendent compte que nous sommes en train de prendre de l’ampleur, de faire notre place sur un gros marché, et elles se disent qu’il faudrait regarder ça de plus près. Leurs motivations ne sont pas écologiques, mais tant que la finalité est là, on sera heureux d'avoir réussi à faire changer ça.»


UN MOT DE NOTRE CHAÎNE YOUTUBE

On remonte le temps avec notre dernière vidéo dans laquelle on vous raconte pourquoi le réseau social MySpace a chuté là où Facebook a triomphé. Né trop tôt, choix de trajectoire mal négociés, c’est l’un des plus gros gâchis des premiers jours du web social et c’est à retrouver sur notre chaîne YouTube. 

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