âïž Hello, vous avez vu ? Cette annĂ©e, on a fĂȘtĂ© les 20 ans de YouTube. Oui mais câĂ©tait aussi les 20 de Dailymotion. Et son anniversaire Ă©tait mĂȘme un peu avant celui des AmĂ©ricains, on lâa oubliĂ©. Pour fĂȘter ça, jâai eu envie de revenir au tout dĂ©but de cette aventure, avec Benjamin Bejbaum, un des deux cofondateurs historiques de la plateforme.
Benjamin est dĂ©sormais prof de Python, Ă lâAlbert School, et il sâĂ©clate Ă transmettre ce quâil a toujours su faire de mieux dans sa vie. Ce sont ses talents de codeur qui ont permis Ă Dailymotion de voir le jour. Le suite de lâhistoire oscille un peu entre success-story et gĂąchis Ă la française. Certes la plateforme existe toujours. Mais si on rejouait le match, elle aurait pu ĂȘtre YouTube Ă la place de YouTube. Benjamin Bejbaum lui, a toujours autant dâenthousiasme Ă raconter les dĂ©buts de cette histoire. Ăcoutons-le.
đ§š Au programme : 1 670 mots pour 9â05ââ de lecture. Enjoy ! David.
Ta rencontre avec Internet ?
«Je touchais dĂ©jĂ Ă lâinformatique. MĂȘme si je nâĂ©tais pas trĂšs prĂ©coce. Je programmais un peu sur mon VIC-20, un Commodore avec un lecteur cassette. Je programmais des jeux du pendu, ce genre de choses. Jâavais un modem 33K, jâallais dĂ©jĂ sur Internet. Mais Ă partir de 1994, je commence Ă vraiment bidouiller. En fait, jâai une rĂ©vĂ©lation en arrivant Ă lâEPITA (NDLR : Ecole pour l'informatique et les techniques avancĂ©es). Dans leur bĂątiment, au cinquiĂšme, il y a la salle Unix. Une salle sombre avec des terminaux qui allaient sur Internet en mode texte et des mecs qui ne dormaient pas et qui codaient. Câest lĂ que je commence Ă comprendre la puissance du truc.»
Pourquoi ?
«Je comprends ce que ça reprĂ©sente comme terrain de jeu. Dans une salle rĂ©seau, tu saisis le monde quâil y a derriĂšre. Toutes ces histoires d'adresses IP, de routeurs, de paquets qui viennent de passer lâAtlantique en 10 millisecondes⊠Câest une Ă©poque aussi oĂč tout est plus facile, il nây a pas de surcouches, câest brut, une technologie comprĂ©hensible, presque Ă poil⊠On assemble les choses ensemble en ayant la « Big Picture » en tĂȘte. Ce nâest plus le cas aujourdâhui, tout le monde est spĂ©cialisĂ©. Câest le lot de lâhumanitĂ©.»
Il est comment le Benjamin de cette époque ?
«Je suis trĂšs trĂšs impatient. Trop. Moi jâaime fabriquer, crĂ©er, construire. Jâaime quand câest efficace. DĂšs quâon sort du concret pour faire du management, sâoccuper du juridique, gĂ©rer les urgences et les Ă©gos, ça me saoule, je ne sais pas gĂ©rer ça. Du coup, je ne finis pas mes Ă©tudes dâingĂ©nieur, et je vais le regretter, ça mâaurait sĂ»rement Ă©viter quelques dĂ©convenues. Ce que jâaime, câest faire de la tech. Et de la tech Ă plusieurs. Quand on regarde dans la mĂȘme direction et quâon a lâimpression que câest sans limite.»
Un prof de Python en devenir⊠(photo JerÎme Bouteiller)
Entrepreneur, ça répond à cette maniÚre de faire les choses ?
«Je ne rĂ©flĂ©chis pas comme ça. Ăa se fait naturellement. J'ai un projet Ă construire, pour le faire, il faut monter une boĂźte, alors je monte une boĂźte. Dâabord avec mon cousin pour hĂ©berger les sites, parce que ça me fait kiffer, et quâon peut gagner de l'argent en faisant ça. Ăa sâappelle Iguane et ça existe toujours: ils hĂ©bergent Molotov par exemple. Câest aussi simple que ça. Je nâai rien dâun serial entrepreneur.»
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