☕️ Hello, je vous emmène aujourd’hui au pays de l’absurde où les lecteurs de grands journaux américains auraient pu chercher longtemps certains livres recommandés pour des "Summer reading list for 2025"… C’est ma reco bien réelle de la semaine.
🧨 Au programme : 1047 mots pour 5’41 minutes de lecture. Merci ! Johan.
«Marcus observait les nuages artificiels s'assembler au-dessus de la propriété des Henley, avec leurs contours trop parfaits pour être honnêtes. Le ciel du Nevada n'avait pas vu de vraie pluie depuis trois ans, mais l'argent, lui, continuait de pleuvoir sur certains. Il ajusta les électrodes de son détecteur d'humidité et en nota la lecture : 12%. Pathétique.
« Tu comptes leurs gouttes ? » demanda Dolores en s'approchant, ses bottes soulevant des nuages de poussière rouge. Elle portait encore son uniforme de la CloudCorp, le logo en forme de cumulus décoloré par le soleil.
Marcus ne répondit pas immédiatement. Il y avait quelque chose d'obscène dans cette pluie sur commande, dans ces averses programmées qui tombaient selon les caprices des riches pendant que le reste du comté se desséchait. Les Henley avaient commandé un orage pour leur barbecue du dimanche. Un putain d'orage de trois heures à mille dollars la minute.
« Je compte leur hypocrisie », finit-il par dire.
Dolores sourit. « Tu sais ce qu'ils disent au bureau ? Que la sécheresse n'est qu'une question de perspective. »
Ça, c’est le début du roman de Percival Everett, tout juste lauréat du très prestigieux prix Pulitzer, catégorie fiction. Ça s’appelle Les Rainmakers, «les faiseurs de pluie» in french. Le pitch: dans un avenir proche, dans un coin du Sud-Ouest des États-Unis où il n’est pas tombé une goutte de pluie depuis des années et où la pluie artificielle est devenu un produit de luxe réservé aux ultrariches. A peine dystopique.
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