☕️ Hello, laissez moi vous raconter une histoire de cinéma. Elle commence aujourd’hui dans la rubrique économie : la holding de la famille Saadé qui détient le géant du transport maritime CMA CGM, prend 20% du groupe Pathé. Dit comme ça, on dirait que la famille Saadé vole au secours de la famille Seydoux et que les choses ne vont pas très bien pour l’exploitant de cinémas et producteurs de films.
Certes, la situation de Pathé, comme celle de toute l’industrie du cinéma depuis le Covid et la grève à Hollywood dans la foulée, reste fragile. Les records du cinéma hexagonal en 2024 cachent des problèmes structurels profonds, et l’industrie doit en permanence trouver de nouvelles manières de se rendre intéressante.
Mais ça fait plus d’un siècle que Pathé fait ce genre de choses. Depuis ses débuts, la rivale de la Gaumont n’a cessé de se réinventer. Je trouvais utile de vous raconter cette histoire, façon cinéma. Lumière.
🧨 Au programme : 1 499 mots pour 8’15’’ de lecture. Enjoy ! David.
Épisode 1 – 1896 : Les Frères Lumière ont un rival
Paris, 1896. L’ombre des frères Lumière plane sur le tout jeune cinéma français. Mais dans un coin de la capitale, un certain Charles Pathé prépare sa révolution silencieuse.
Narrateur off : « Tandis que les spectateurs s’émerveillent devant l’arrivée d’un train en gare de La Ciotat, un visionnaire entend transformer le divertissement en empire. »
Charles Pathé, fils d’un boucher, n’a rien d’un aristocrate. Mais il a l’œil du commerçant et l’intuition du pionnier. Il découvre le phonographe d’Edison, comprend que l’image animée vaut plus qu’un tour de foire, et fonde en 1896 la société Pathé Frères, avec ses frères Émile, Théophile et Jacques.
Très vite, il comprend : ne pas seulement produire des films, mais contrôler la fabrication des caméras, la distribution, et la diffusion. Elle construit même à Vincennes sa propre usine pour fabriquer de la pellicule, mettant fin au monopole américain d’Eastman. C’est le début du modèle intégré.
Et ce coq, emblème de la maison Pathé, devient le symbole d’un cinéma conquérant.
Épisode 2 – 1907 : Hollywood-sur-Seine
Joinville-le-Pont, 1907. Un immense hangar s’élève. Lumières, décors, costumes… Le cinéma français devient une industrie, et Pathé, son magnat.
Narrateur off : « Avant Hollywood, c’était Joinville. Et Pathé, c’était le concours Lépine du cinéma à lui tout seul. »
Pathé ne fait pas que produire : il vend ses caméras dans le monde entier, loue ses films, construit des salles, et invente les actualités cinématographiques. En 1907, Pathé est la plus grande société de cinéma au monde.
Collection du musée intercommunal de Nogent-sur-Marne.
Il ouvre des filiales en Russie, aux États-Unis, en Asie. Il industrialise les tournages, standardise les formats, crée une star : Max Linder, sorte d’ancêtre de Chaplin. Mais dans les coulisses, l’orage gronde : la Première Guerre mondiale se profile, les Américains s’organisent…
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