🔎 Hello et bienvenue dans notre newsletter du vendredi. L’objectif : vous sélectionner les meilleures histoires sur l’économie de la création qu’on a lues, vues, entendues dans la semaine et qu’on vous conseille pour votre week-end.
🧐 Où l’on apprend que l’IA s’est trouvée une place en access prime-time sur TF1.
🧨 Au programme de ce numéro : 1 538 mots pour 5 minutes de lecture.
Enjoy (et bon week-end) ! David, Johan et Harold.
1. Que cache le divorce entre Oprah Winfrey et WeightWatchers ?
repéré par David
Oprah prie pour WeightWatchers // © DR
Ça n’a l'air de rien comme ça, mais ce qui se joue dépasse la simple rupture entre une star et une marque. Le deal entre Oprah Winfrey et WW International (nouveau nom de WeightWatchers mais personne ne s’y est fait) existait depuis 2015 et semblait jusqu’ici fructueux pour tout le monde. Alors, Morning Brew pose la bonne question : est-ce que tout cela n’aurait pas un lien avec l’arrivée des médicaments anti-obésité aux Etats-Unis ? Voyons ça en trois points…
Un deal fructueux jusqu’ici
Oprah Winfrey a donc annoncé qu’elle ne demanderait pas un nouveau mandat au conseil d'administration de WW International. Car oui, ce deal n’était pas que du marketing : la star possédait 10% de la société qui fournit des programmes alimentaires destinés à la perte de poids depuis les années 60. Un investissement intéressant pour WW qui avait bénéficié du fameux « Oprah effect » : sa valeur avait été multipliée par 13 à peine trois ans après ce mariage. Mais effet boomerang aussi : le départ de la star a fait chuter l'action de WW de 25% dans la foulée.
Un divorce annoncé
En fait, il y avait des prémices. À la fin de l’année dernière, Oprah Winfrey avait largement communiqué sur sa perte de poids, l’attribuant notamment à des médicaments. Et même si elle ne les a pas cités, on a tout de suite pensé à l’Ozempic et Wegowy dont on vous a raconté l’histoire.
Résultat : les recettes de WW ont plongé tandis que les demandes de rendez-vous en ligne aux USA pour se faire prescrire des médicaments anti-obésité étaient multipliées par 30%. Quand l’« Oprah effect » se retourne contre toi.
Et après ?
Pour éliminer tout conflit d'intérêt après l’histoire de sa prise de médicaments pour la perte de poids, Oprah Winfrey a expliqué qu'elle avait fait don de ses actions (environ 18 millions de dollars) au Musée national d'histoire et de culture afro-américaines. Elle a aussi expliqué qu’elle allait continuer de conseiller WW. Mais ça ne suffit pas à balayer les inquiétudes sur la suite du modèle de WW. La société avait senti le vent tourner puisqu’elle a déjà racheté une entreprise qui distribue des médicaments de type Wegovy. Mais même si la prise de ces médicaments doit s’accompagner d’un régime, on voit mal comment WW va pouvoir résister à la vague qui s’annonce dans le monde entier.
2. La sérénité selon TikTok
repéré par Harold
Tic tac... // © Axios
Tout allait pourtant si bien… Alors qu’un ban de TikTok aux États-Unis se fait de plus en plus pressant, les équipes du réseau social chinois n’ont rien vu venir et ont dû communiqué en catastrophe pour tenter du lobbying de la dernière chance. Tout cela est raconté de l’intérieur par le Wall Street Journal et c’est passionnant. On vous résume ce papier en trois points.
Un voyage pour rien
Deux semaines avant que les choses ne s’accélèrent aux Etats-Unis, les équipes américaines de TikTok se sont organisées un voyage corpo direction Singapour où se situe les sièges mondiaux de TikTok et de ByteDance (maison-mère du réseau social). Mot d’ordre : ne vous inquiétez surtout pas, les risques d’un bannissement de l’application aux États-Unis sont complètement écartées, regardez, même Joe Biden vient de s’y ouvrir son compte.
Mauvaise surprise sur le retour
Sauf qu’à peine quelques jours après leur retour en Amérique, les voilà qu’ils apprennent qu’un texte préparé dans l’ombre entre représentants républicains et démocrates en accord avec les équipes de Biden et proposant, pour clarifier les choses, un ban de TikTok a fait son chemin jusque dans un comité à l’origine de la proposition de la loi. « Tout ce processus a eu lieu en secret parce que les membres de cette commission savait que c’était la seule façon pour eux d’arriver à leurs fins » tente aujourd’hui de se justifier les équipes de TikTok.
Biden le bluffeur
Le principal argument qui a écarté les doutes des lobbyistes du réseau chinois, c’est le président américain lui-même. Ce dernier, en ouvrant son compte au moment du début de sa campagne de réélection avec des vidéos, il faut le dire, assez bien pensées a bluffé tout le monde. « Si même le président de la plus grande puissance mondiale utilise nos services, pourquoi s’inquiéter de leur potentielle interdiction » se sont dits en somme les employés de la plateforme. Sauf que «sleepy Joe » n’en est pas à son premier coup politique et l’a promis : « si ce texte d’interidction de TikTok arrive sur mon bureau après le vote de la Chambre des représentants et du Sénat, je le signerai pour le faire entrer en vigueur ». 1 point pour Joe. Et encore plus de détails croustillants dans ce papier de WSJ que je vous remets en lien ici.
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3. Des images générées par IA sur TF1 ?
repéré par Johan
De l'IA dans 7 à 8 // © TF1
On se connait pas encore très bien, mais il faut que je vous avoue un truc : je suis un grand fan de 7 à 8. Sur TF1, le dimanche. Si si. Ça tombe pile quand je prépare le dîner du dimanche soir, qu’on se prépare à rentrer dans la semaine. Ça participe à une routine réconfortante : c’est présenté par Harry Roselmack, le mec qui ne vieillit pas, l’émission est hyper calibrée, les sujets sont souvent bien faits : une grosse enquête, un gros reportage sociétal et international…
Quel rapport avec Hupster ?
Figurez-vous que dimanche 3 mars, grosse enquête sur «Sky, la messagerie secrète des trafiquants». Bon j’ai pas tout vu, j’étais derrière les fourneaux et le risotto demande quand même un peu de concentration et de constance. Mais en passant une tête, bim, sur quoi je tombe : ça ! Un panneau «Nous avons choisi d’illustrer certains passages de ce reportage avec des images générées par intelligence artificielle».
C’est vraiment grave ?
Alors, déjà, saluons la transparence de la production, qui a indiqué à l’écran à chaque fois, quand la séquence provenait d’une IA. Ça va toujours mieux en le disant. Et sinon, on en pense quoi ? Visuellement, on me l’aurait pas dit, j’aurais sans doute pas vu la différence. Mais quand on le sait, ça se voit. Est-ce que ça pose un problème journalistique ? Pas la moindre idée. Ce sont des images d’illustration, comme on en utilise souvent dans des reportages de télévision, pour remplir, appuyer, montrer… Ne jugeons pas la qualité, mais l’intention derrière. Est-ce que la production aurait pu faire autrement en puisant dans ces images «de stock». Possible. Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait ? Un essai ? Si oui, c’est intéressant. Faire baisser les coûts d’achats d’images d’illustration ? Possible… Si ces entreprises qui vendent ces vidéos ou photos prêtes à l’emploi ne se sentent pas en danger, c’est qu’elles ont un plan secret que je ne connais pas. Innover ? Réfléchir à l’utilisation des IA pour créer des images «plus précises» que ce qui existe en stock (/imagine prompt Photo hyper réaliste d'un policier belge dans le port d'Anvers en Belgique, de nuit).
Et nous ?
Nous n’avons pas encore produit ce genre d’images chez Hupster, ou Loopsider. Mais dans le débat « Comment on utilise les IA génératives » qui agite toutes les rédactions, TF1 vient de le nourrir d’un premier cas concret. En attendant, je me suis resservi du risotto. C’est toujours ça qu’une IA ne nous prendra pas.
UN MOT DE NOTRE CHAINE YOUTUBE
Nous avons publié une nouvelle vidéo sur notre chaine YouTube. Séquence nostalgie puisqu’on y parle de la marque de téléphones préférée des businessman qui a déserté les stores depuis bien longtemps : BlackBerry. Et vous êtes déjà plus de 50 000 à l’avoir vue, donc déjà 50 000 merci (si vous ne l’avez pas vue, elle est dispo ici). Et surtout, si ça vous plait, abonnez-vous à notre chaine, ça nous aide beaucoup.
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