Kessel

👀 The Impact Story, quand le positif marche

👉 Oui oui, il y a quand mĂȘme de bonnes nouvelles !

Hupster
5 min ⋅ 03/07/2024

🔎 Hello, on vous fait rencontrer cette semaine le crĂ©ateur de contenus engagĂ©s Mamadou Dembele qui tient le compte « The Impact Story » sur Instagram et TikTok.

đŸŽ„ OĂč l’on apprend qu’il n’avait pas du tout prĂ©vu de passer devant la camĂ©ra.

🧹 Au programme : 1 256 mots pour 5 minutes de lecture. Enjoy ! David.


Dans sa vie professionnelle, Mamadou Dembele est un acteur engagĂ© de l’économie puisqu’il travaille pour un fonds d’investissement spĂ©cialisĂ© dans les projets Ă  impact. Dans sa vie personnelle, il est aussi un crĂ©ateur de contenus engagĂ© puisque c’est lui qui est derriĂšre le compte The Impact Story.

À mĂȘme pas 30 ans, il est devenu la voix qui compte sur les rĂ©seaux sociaux pour faire connaĂźtre des projets d’écologie positive, des idĂ©es constructives, des solutions qui marchent, des plans pour demain alors que notre futur s’assombrit un peu plus chaque jour.

On parle souvent des petits gestes dont on peine Ă  voir la finalitĂ©. Lui nous montre des initiatives destinĂ©es Ă  devenir grandes. Cette « positive attitude », il l’a construite avec intelligence et patience. En se remettant en question quand ça ne marchait pas au dĂ©but. Aujourd’hui, il parle Ă  plus de 500 000 followers sur Instagram et TikTok et il a des projets pour lui aussi.

Il a accepté de nous raconter les moments forts de son parcours. Et ça fait du bien.

Voici Ă  quoi ressemble un sourire Ă  impact // @TheImpactStoryVoici Ă  quoi ressemble un sourire Ă  impact // @TheImpactStory

Le moment oĂč j’ai la rĂ©vĂ©lation « Ă©colo »

« À la base, je n’étais pas du tout sensibilisĂ© Ă  ce sujet, comme beaucoup de gens. J’y suis venu via les inĂ©galitĂ©s sociales. J'ai vĂ©cu dans trois milieux assez diffĂ©rents : je suis nĂ© au Mali, j'ai vĂ©cu dans une citĂ© en Seine-Saint-Denis et aussi Ă  Paris dans le 17Ăšme. RĂ©sultat : j'ai vite Ă©tĂ© confrontĂ© aux inĂ©galitĂ©s sociales, puis Ă  l’écologie quand j’ai compris le lien qui existait entre les deux.

Mais il y a eu un moment prĂ©cis oĂč j’ai eu une prise de conscience. Je vous raconte.

À l’époque, je fais un stage en finance dans le quartier de la DĂ©fense. Au bout du quatriĂšme mois, en arrivant devant les tours, il y a une manifestation de Greenpeace qui bloque les accĂšs pour dĂ©noncer le rĂŽle de la finance dans l’exploitation des Ă©nergies fossiles, dans le rĂ©chauffement climatique.

Devant cette tour, j’échange avec une militante. Parce que moi, alors, je ne comprends pas pourquoi elle ne manifeste pas plutĂŽt devant le siĂšge d’une compagnie pĂ©troliĂšre. Elle m’explique comment tout est liĂ©, justice climatique, justice sociale, la maniĂšre dont les plus prĂ©caires seront les plus vulnĂ©rables au rĂ©chauffement climatique. C’est lĂ  oĂč j’ai ouvert les yeux.»

Le moment oĂč je commence Ă  m’engager

« Je commence Ă  suivre des mĂ©dias qui parlent de ces sujets. Et trĂšs vite, je me demande ce que je peux faire Ă  titre personnel. La chose la plus Ă©vidente sur laquelle on peut agir, c’est sa consommation. Je dĂ©cide donc de ne plus manger de viande. C’est bien, mais je me dis aussi que ce n’est pas suffisant. On a besoin de quelque chose de plus systĂ©mique. Comme j’étais destinĂ© Ă  faire de la finance, je fais le choix de me spĂ©cialiser dans la finance Ă  impact liĂ©e Ă  l’environnement.

Je termine mon premier stage et Ă  partir de lĂ , tout se fait de maniĂšre progressive. Je continue Ă  lire des articles, Ă  regarder des documentaires. À la fin de mon cursus, je ne trouve pas de travail, alors j’opte pour un second stage de fin d’études en ciblant des entreprises engagĂ©es. Et je finis par trouver une place au sein de Bliss, le premier fonds d’investissement certifiĂ© B.Corp, label donnĂ© aux entreprises avec un impact sociĂ©tal et environnemental positif.

Moi je travaille pour la partie “fondation” qui me permet de dĂ©couvrir tout le milieu associatif. Et ça nourrit beaucoup mes rĂ©flexions pour passer aux Ă©tapes suivantes. »


UN MOT DE NOTRE SPONSOR

Sherpai, le guide IA pour atteindre les sommets des rĂ©seaux sociaux. Toutes vos donnĂ©es issues des rĂ©seaux sociaux au mĂȘme endroit. L’intelligence artificielle pour les interprĂ©ter.


Le moment oĂč je me lance sur les rĂ©seaux sociaux

« Comme beaucoup de gens de ma gĂ©nĂ©ration, je passe du temps sur les rĂ©seaux sociaux. Le rĂ©chauffement climatique, l'environnement, on en parle. Mais Ă  chaque fois, c’est toujours alarmiste, c'est toujours catastrophiste, c'est toujours anxiogĂšne. Et je trouve que ça ne pousse pas Ă  l'action.

Un jour, je prends un cafĂ© avec une amie. Elle me dit que le problĂšme, c'est qu'il n'y a pas de solution aujourd’hui, qu'on ne sait pas quoi faire. Cette phrase, elle me marque parce que moi, dans mon mĂ©tier au quotidien, j'en vois tout le temps des entrepreneurs qui ont des solutions, qui des projets Ă  l'impact. Je me suis dit que ça serait intĂ©ressant une plateforme oĂč on pourrait dĂ©couvrir tous ces projets qui existent.

Je me tourne vers les rĂ©seaux sociaux qui me paraissent la solution la plus simple. Je n’y suis pas personnellement, je ne sais mĂȘme pas faire de story.

Mon premier format, ce sont des interviews d’entrepreneurs face camĂ©ra. Et, je poste mes premiĂšres vidĂ©os. Je me dis que ça va fonctionner. Et en fait, pas du tout. Ça ne marche pas. TrĂšs peu de gens regardent.

MĂȘme si je vois ça comme un projet personnel, j’ai envie qu’un maximum de personnes puissent voir ces vidĂ©os qui me semblent utiles. Je commence Ă  regarder ce qui marche, ce qui ne marche pas. Et je fais Ă©voluer le format au fur et Ă  mesure.

Je vois que ce qui commence Ă  prendre, ce sont les formats courts. Difficile de faire passer une interview de 5 minutes Ă  1 minute. Une seule solution : c’est Ă  moi de raconter l’histoire. Je commence par le faire en voix-off. Ça fonctionne de suite beaucoup mieux. Je vois ensuite que ce qui marche encore mieux, ce sont les comptes incarnĂ©s. Donc il faut que je me montre.

Ça s’est fait comme ça, et ce n’est pas Ă©vident du tout au dĂ©but. C'est pas du tout naturel de se filmer tout seul. Alors je commence par TikTok, lĂ  oĂč je suis sĂ»r que personne ne me reconnaĂźtra. Et je vois trĂšs vite que ça fonctionne de mieux en mieux. Et ça m'encourage Ă  continuer.»

Le moment oĂč j’ai doutĂ©

« Il y en a eu deux. Au tout dĂ©but, quand tu postes et que ça marche pas du tout. Je ne comprenais pas, la vidĂ©o que je postais Ă©tait passionnante, mais elle n’avait que 100 vues. Et celle d’aprĂšs encore 100 vues. Ce n’est pas Ă©vident de trouver la force de continuer. Dans ces moments-lĂ , il faut vraiment vouloir que ça fonctionne pour essayer d’autres choses, d’autres formats. J'aurais pu m'arrĂȘter au bout de dix Ă©pisodes. Et je pense que beaucoup de gens font ça. Mais ce n’est pas parce qu'une initiative ne fonctionne pas qu'il faut s'arrĂȘter. Ça veut dire qu'il y a quelque chose qui n’est pas bien fait. Et il faut voir ce qu'on peut amĂ©liorer.

Sur son compte, Mamadou n'hésite pas non plus à s'engager sur des sujets de société // @TheImpactStorySur son compte, Mamadou n'hésite pas non plus à s'engager sur des sujets de société // @TheImpactStory

Et le deuxiĂšme moment, c’est quand je me suis exprimĂ© sur des sujets de sociĂ©tĂ©. GĂ©nĂ©ralement, ce que je partage c’est « good vibe », j’ai peu de critiques ou alors ça concerne les projets et ça ne me touche pas. Mais il m'est arrivĂ© de m'exprimer quelques fois sur des sujets de sociĂ©tĂ©, et lĂ , on peut prendre des critiques auxquelles on ne s'attend pas. À ce moment-lĂ , on peut le prendre personnellement.

Je n’ai pas Ă©tĂ© cyberharcelĂ©, mais j’ai compris ce que ça voulait dire quand on parle de la santĂ© mentale des crĂ©ateurs de contenus. Prendre des critiques gratuites de personnes que tu ne connais pas, ça peut avoir un impact sur ton moral, ta santĂ©. Le seul moyen de faire face, c’est de prendre du recul, et apprendre Ă  le gĂ©rer seul. »

Le moment oĂč je me suis dit que ça va marcher

« Les gens pensent qu'il y a une vidĂ©o qui fait que d’un seul coup, ça se met Ă  cartonner. Mais en fait, pas du tout. Ça monte en escalier, de maniĂšre rĂ©guliĂšre.

Un des moments les plus significatifs Ă  titre personnel, c'est quand je passe la barre des 100.000 abonnĂ©s sur Instagram au bout d’un an et demi. Quelque chose se passe dans ma tĂȘte.

Ce qui me pousse Ă  continuer aussi, ce sont les messages privĂ©s que je reçois. Notamment celui d’un jeune homme qui a dĂ©cidĂ© de quitter son travail parce qu'il a Ă©tĂ© inspirĂ© par les vidĂ©os que je proposais. Il m'a dit que ça a Ă©tĂ© un dĂ©clencheur dans sa dĂ©cision. Ou cette professeure d’un lycĂ©e français au Portugal qui disait utiliser mes vidĂ©os afin que les Ă©lĂšves puissent Ă©tudier les diffĂ©rents projets.

C’est incroyable de se dire que faire des vidĂ©os comme ça, dans sa chambre, peut avoir un impact, aussi minime soit-il, sur certaines personnes.

C’est la mĂȘme chose pour les entreprises que je mets en avant. RĂ©cemment, j'ai parlĂ© d'une boĂźte qui s'appelle Solly, qui fabrique et distribue une carte bleue qui facilite les dons pour les sans-abri. Avec la disparition du cash, on est moins en position de rĂ©pondre Ă  leurs sollicitations quand on nous demande un peu de monnaie. Avec la carte, il suffit de tendre son tĂ©lĂ©phone pour la crĂ©diter. Quand j'en ai parlĂ©, ils Ă©taient en campagne de financement et j’ai su que les dons avaient Ă©tĂ© plus importants aprĂšs ma vidĂ©o.

Aujourd’hui, ma vie est organisĂ©e entre la semaine oĂč je travaille dans un fonds d’investissements dĂ©diĂ©s aux projets Ă  impacts et le week-end, oĂč je produis mes vidĂ©os pour les rĂ©seaux sociaux. Les deux activitĂ©s sont sĂ©parĂ©es mais elles ont le mĂȘme objectif : ĂȘtre dans des projets qui ont du sens. Donc d'un cĂŽtĂ©, pouvoir les financer, de l'autre, pouvoir leur donner de la visibilitĂ©.

Les projets que je sĂ©lectionne, ils doivent avoir un impact environnemental, social et ils doivent ĂȘtre innovants. J’étudie une dizaine de projets par semaine Ă  mon travail mais j’en vois passer une cinquantaine. C’est lĂ  que je trouve certaines idĂ©es. Et dĂ©sormais, on me contacte beaucoup directement. »

Le moment que j’attends

«Je vais lancer la deuxiĂšme saison de mon podcast et je rĂ©flĂ©chis Ă  des formats vidĂ©os plus longs. Je ne sais pas encore comment les financer. Aujourd’hui, je fais quelques collaborations qui me permettent de financer en partie ce que je fais. Mais les formats longs, ça coĂ»te plus cher Ă  produire. Il va peut-ĂȘtre falloir d’autres maniĂšres de les produire.»


UN MOT DE NOTRE COMPTE TIKTOK

Hupster, c’est aussi sur TikTok. Au programmme plusieurs vidĂ©os par semaine sur l’actu des crĂ©ateurs et des formats en collaboration avec les copains d’Usbek et Rica. Pour en savoir plus, ça se passe ici (et on est dĂ©jĂ  42 000).

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Hupster

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