đ Hello, on vous fait rencontrer cette semaine le crĂ©ateur de contenus engagĂ©s Mamadou Dembele qui tient le compte « The Impact Story » sur Instagram et TikTok.
đ„ OĂč lâon apprend quâil nâavait pas du tout prĂ©vu de passer devant la camĂ©ra.
đ§š Au programme : 1 256 mots pour 5 minutes de lecture. Enjoy ! David.
Dans sa vie professionnelle, Mamadou Dembele est un acteur engagĂ© de lâĂ©conomie puisquâil travaille pour un fonds dâinvestissement spĂ©cialisĂ© dans les projets Ă impact. Dans sa vie personnelle, il est aussi un crĂ©ateur de contenus engagĂ© puisque câest lui qui est derriĂšre le compte The Impact Story.
Ă mĂȘme pas 30 ans, il est devenu la voix qui compte sur les rĂ©seaux sociaux pour faire connaĂźtre des projets dâĂ©cologie positive, des idĂ©es constructives, des solutions qui marchent, des plans pour demain alors que notre futur sâassombrit un peu plus chaque jour.
On parle souvent des petits gestes dont on peine Ă voir la finalitĂ©. Lui nous montre des initiatives destinĂ©es Ă devenir grandes. Cette « positive attitude », il lâa construite avec intelligence et patience. En se remettant en question quand ça ne marchait pas au dĂ©but. Aujourdâhui, il parle Ă plus de 500 000 followers sur Instagram et TikTok et il a des projets pour lui aussi.
Il a accepté de nous raconter les moments forts de son parcours. Et ça fait du bien.
Voici Ă quoi ressemble un sourire Ă impact // @TheImpactStory
Le moment oĂč jâai la rĂ©vĂ©lation « Ă©colo »
« Ă la base, je nâĂ©tais pas du tout sensibilisĂ© Ă ce sujet, comme beaucoup de gens. Jây suis venu via les inĂ©galitĂ©s sociales. J'ai vĂ©cu dans trois milieux assez diffĂ©rents : je suis nĂ© au Mali, j'ai vĂ©cu dans une citĂ© en Seine-Saint-Denis et aussi Ă Paris dans le 17Ăšme. RĂ©sultat : j'ai vite Ă©tĂ© confrontĂ© aux inĂ©galitĂ©s sociales, puis Ă lâĂ©cologie quand jâai compris le lien qui existait entre les deux.
Mais il y a eu un moment prĂ©cis oĂč jâai eu une prise de conscience. Je vous raconte.
Ă lâĂ©poque, je fais un stage en finance dans le quartier de la DĂ©fense. Au bout du quatriĂšme mois, en arrivant devant les tours, il y a une manifestation de Greenpeace qui bloque les accĂšs pour dĂ©noncer le rĂŽle de la finance dans lâexploitation des Ă©nergies fossiles, dans le rĂ©chauffement climatique.
Devant cette tour, jâĂ©change avec une militante. Parce que moi, alors, je ne comprends pas pourquoi elle ne manifeste pas plutĂŽt devant le siĂšge dâune compagnie pĂ©troliĂšre. Elle mâexplique comment tout est liĂ©, justice climatique, justice sociale, la maniĂšre dont les plus prĂ©caires seront les plus vulnĂ©rables au rĂ©chauffement climatique. Câest lĂ oĂč jâai ouvert les yeux.»
Le moment oĂč je commence Ă mâengager
« Je commence Ă suivre des mĂ©dias qui parlent de ces sujets. Et trĂšs vite, je me demande ce que je peux faire Ă titre personnel. La chose la plus Ă©vidente sur laquelle on peut agir, câest sa consommation. Je dĂ©cide donc de ne plus manger de viande. Câest bien, mais je me dis aussi que ce nâest pas suffisant. On a besoin de quelque chose de plus systĂ©mique. Comme jâĂ©tais destinĂ© Ă faire de la finance, je fais le choix de me spĂ©cialiser dans la finance Ă impact liĂ©e Ă lâenvironnement.
Je termine mon premier stage et Ă partir de lĂ , tout se fait de maniĂšre progressive. Je continue Ă lire des articles, Ă regarder des documentaires. Ă la fin de mon cursus, je ne trouve pas de travail, alors jâopte pour un second stage de fin dâĂ©tudes en ciblant des entreprises engagĂ©es. Et je finis par trouver une place au sein de Bliss, le premier fonds dâinvestissement certifiĂ© B.Corp, label donnĂ© aux entreprises avec un impact sociĂ©tal et environnemental positif.
Moi je travaille pour la partie âfondationâ qui me permet de dĂ©couvrir tout le milieu associatif. Et ça nourrit beaucoup mes rĂ©flexions pour passer aux Ă©tapes suivantes. »
UN MOT DE NOTRE SPONSOR
Sherpai, le guide IA pour atteindre les sommets des rĂ©seaux sociaux. Toutes vos donnĂ©es issues des rĂ©seaux sociaux au mĂȘme endroit. Lâintelligence artificielle pour les interprĂ©ter.
Le moment oĂč je me lance sur les rĂ©seaux sociaux
« Comme beaucoup de gens de ma gĂ©nĂ©ration, je passe du temps sur les rĂ©seaux sociaux. Le rĂ©chauffement climatique, l'environnement, on en parle. Mais Ă chaque fois, câest toujours alarmiste, c'est toujours catastrophiste, c'est toujours anxiogĂšne. Et je trouve que ça ne pousse pas Ă l'action.
Un jour, je prends un cafĂ© avec une amie. Elle me dit que le problĂšme, c'est qu'il n'y a pas de solution aujourdâhui, qu'on ne sait pas quoi faire. Cette phrase, elle me marque parce que moi, dans mon mĂ©tier au quotidien, j'en vois tout le temps des entrepreneurs qui ont des solutions, qui des projets Ă l'impact. Je me suis dit que ça serait intĂ©ressant une plateforme oĂč on pourrait dĂ©couvrir tous ces projets qui existent.
Je me tourne vers les rĂ©seaux sociaux qui me paraissent la solution la plus simple. Je nây suis pas personnellement, je ne sais mĂȘme pas faire de story.
Mon premier format, ce sont des interviews dâentrepreneurs face camĂ©ra. Et, je poste mes premiĂšres vidĂ©os. Je me dis que ça va fonctionner. Et en fait, pas du tout. Ăa ne marche pas. TrĂšs peu de gens regardent.
MĂȘme si je vois ça comme un projet personnel, jâai envie quâun maximum de personnes puissent voir ces vidĂ©os qui me semblent utiles. Je commence Ă regarder ce qui marche, ce qui ne marche pas. Et je fais Ă©voluer le format au fur et Ă mesure.
Je vois que ce qui commence Ă prendre, ce sont les formats courts. Difficile de faire passer une interview de 5 minutes Ă 1 minute. Une seule solution : câest Ă moi de raconter lâhistoire. Je commence par le faire en voix-off. Ăa fonctionne de suite beaucoup mieux. Je vois ensuite que ce qui marche encore mieux, ce sont les comptes incarnĂ©s. Donc il faut que je me montre.
Ăa sâest fait comme ça, et ce nâest pas Ă©vident du tout au dĂ©but. C'est pas du tout naturel de se filmer tout seul. Alors je commence par TikTok, lĂ oĂč je suis sĂ»r que personne ne me reconnaĂźtra. Et je vois trĂšs vite que ça fonctionne de mieux en mieux. Et ça m'encourage Ă continuer.»
Le moment oĂč jâai doutĂ©
« Il y en a eu deux. Au tout dĂ©but, quand tu postes et que ça marche pas du tout. Je ne comprenais pas, la vidĂ©o que je postais Ă©tait passionnante, mais elle nâavait que 100 vues. Et celle dâaprĂšs encore 100 vues. Ce nâest pas Ă©vident de trouver la force de continuer. Dans ces moments-lĂ , il faut vraiment vouloir que ça fonctionne pour essayer dâautres choses, dâautres formats. J'aurais pu m'arrĂȘter au bout de dix Ă©pisodes. Et je pense que beaucoup de gens font ça. Mais ce nâest pas parce qu'une initiative ne fonctionne pas qu'il faut s'arrĂȘter. Ăa veut dire qu'il y a quelque chose qui nâest pas bien fait. Et il faut voir ce qu'on peut amĂ©liorer.
Sur son compte, Mamadou n'hésite pas non plus à s'engager sur des sujets de société // @TheImpactStory
Et le deuxiĂšme moment, câest quand je me suis exprimĂ© sur des sujets de sociĂ©tĂ©. GĂ©nĂ©ralement, ce que je partage câest « good vibe », jâai peu de critiques ou alors ça concerne les projets et ça ne me touche pas. Mais il m'est arrivĂ© de m'exprimer quelques fois sur des sujets de sociĂ©tĂ©, et lĂ , on peut prendre des critiques auxquelles on ne s'attend pas. Ă ce moment-lĂ , on peut le prendre personnellement.
Je nâai pas Ă©tĂ© cyberharcelĂ©, mais jâai compris ce que ça voulait dire quand on parle de la santĂ© mentale des crĂ©ateurs de contenus. Prendre des critiques gratuites de personnes que tu ne connais pas, ça peut avoir un impact sur ton moral, ta santĂ©. Le seul moyen de faire face, câest de prendre du recul, et apprendre Ă le gĂ©rer seul. »
Le moment oĂč je me suis dit que ça va marcher
« Les gens pensent qu'il y a une vidĂ©o qui fait que dâun seul coup, ça se met Ă cartonner. Mais en fait, pas du tout. Ăa monte en escalier, de maniĂšre rĂ©guliĂšre.
Un des moments les plus significatifs Ă titre personnel, c'est quand je passe la barre des 100.000 abonnĂ©s sur Instagram au bout dâun an et demi. Quelque chose se passe dans ma tĂȘte.
Ce qui me pousse Ă continuer aussi, ce sont les messages privĂ©s que je reçois. Notamment celui dâun jeune homme qui a dĂ©cidĂ© de quitter son travail parce qu'il a Ă©tĂ© inspirĂ© par les vidĂ©os que je proposais. Il m'a dit que ça a Ă©tĂ© un dĂ©clencheur dans sa dĂ©cision. Ou cette professeure dâun lycĂ©e français au Portugal qui disait utiliser mes vidĂ©os afin que les Ă©lĂšves puissent Ă©tudier les diffĂ©rents projets.
Câest incroyable de se dire que faire des vidĂ©os comme ça, dans sa chambre, peut avoir un impact, aussi minime soit-il, sur certaines personnes.
Câest la mĂȘme chose pour les entreprises que je mets en avant. RĂ©cemment, j'ai parlĂ© d'une boĂźte qui s'appelle Solly, qui fabrique et distribue une carte bleue qui facilite les dons pour les sans-abri. Avec la disparition du cash, on est moins en position de rĂ©pondre Ă leurs sollicitations quand on nous demande un peu de monnaie. Avec la carte, il suffit de tendre son tĂ©lĂ©phone pour la crĂ©diter. Quand j'en ai parlĂ©, ils Ă©taient en campagne de financement et jâai su que les dons avaient Ă©tĂ© plus importants aprĂšs ma vidĂ©o.
Aujourdâhui, ma vie est organisĂ©e entre la semaine oĂč je travaille dans un fonds dâinvestissements dĂ©diĂ©s aux projets Ă impacts et le week-end, oĂč je produis mes vidĂ©os pour les rĂ©seaux sociaux. Les deux activitĂ©s sont sĂ©parĂ©es mais elles ont le mĂȘme objectif : ĂȘtre dans des projets qui ont du sens. Donc d'un cĂŽtĂ©, pouvoir les financer, de l'autre, pouvoir leur donner de la visibilitĂ©.
Les projets que je sĂ©lectionne, ils doivent avoir un impact environnemental, social et ils doivent ĂȘtre innovants. JâĂ©tudie une dizaine de projets par semaine Ă mon travail mais jâen vois passer une cinquantaine. Câest lĂ que je trouve certaines idĂ©es. Et dĂ©sormais, on me contacte beaucoup directement. »
Le moment que jâattends
«Je vais lancer la deuxiĂšme saison de mon podcast et je rĂ©flĂ©chis Ă des formats vidĂ©os plus longs. Je ne sais pas encore comment les financer. Aujourdâhui, je fais quelques collaborations qui me permettent de financer en partie ce que je fais. Mais les formats longs, ça coĂ»te plus cher Ă produire. Il va peut-ĂȘtre falloir dâautres maniĂšres de les produire.»
UN MOT DE NOTRE COMPTE TIKTOK
Hupster, câest aussi sur TikTok. Au programmme plusieurs vidĂ©os par semaine sur lâactu des crĂ©ateurs et des formats en collaboration avec les copains dâUsbek et Rica. Pour en savoir plus, ça se passe ici (et on est dĂ©jĂ 42 000).
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